Au Liberia, les survivants d'Ebola invités à l'abstinence

Pour les scientifiques, Ebola recèle encore bien de mystères. L'un des problèmes est la présence prolongée du virus dans le sperme. Des études en RDC et en Ouganda ont démontré qu'il pouvait survivre dans la semence au moins 82 jours après l'apparition des symptômes. Afin d'éviter toute complication, les organismes de santé invitent les rescapés à la prudence. A Monrovia, au Liberia, RFI a rencontré un survivant d'Ebola.



A Monrovia, la vie reprend son cours mais l'ombre du virus plane encore sur l'intimité des survivants. Erik Hershman/WIkimedia Commons
A Monrovia, la vie reprend son cours mais l'ombre du virus plane encore sur l'intimité des survivants. Erik Hershman/WIkimedia Commons

C'est comme une double peine pour les survivants. Après avoir vécu l'enfer, les hommes doivent rester sur leurs gardes, même dans leur intimité. Si aucun cas de transmission sexuelle n'a été documenté chez un survivant, les organismes de santé conseillent l'abstinence sexuelle ou des relations protégées, et ce pendant trois mois. Alvin Davis est un assistant médical infecté fin octobre. Il a survécu mais doit attendre avant de totalement profiter de la vie. Il a choisi l'abstinence.

« Pour vous dire la vérité, c'est un vrai défi, confie-t-il. Changer les comportements dans ce domaine est difficile. Lorsque j'ai appris qu'il y avait un vrai risque, ça a été un choc. Alors, quand j'ai quitté le centre et qu'un médecin m'a donné une boîte de préservatifs, je les tous donnés à mes amis. Car si je les garde, j'ai peur d'être tenté de faire l'amour à ma compagne et de la contaminer.Pour moi, utiliser une capote ce serait une grave erreur : vous pouvez par inadvertance toucher votre semence et la transmettre à votre partenaire. Et Ebola, ce n'est pas comme le sida ; au moindre contact vous infectez la personne. »

Alvin Davis fait désormais de la sensibilisation dans la communauté. Et il espère que le gouvernement relaiera le message. « Je vous le dis en toute liberté : depuis ma guérison, ma fiancée garde ses distances et nous n'avons pas fait l'amour. C'est une personne très responsable. Elle accepte ce choix. Je veux prendre mon temps et être complètement guéri. Parce que quand vous avez été touché par Ebola, votre corps met beaucoup de temps à s'en remettre. » Alvin Davis n'a pas encore atteint la barre des trois mois d'abstinence. Il lui reste encore quelques semaines à patienter.


Rfi.fr

Dimanche 8 Février 2015 - 12:12



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