Au Maroc et en Egypte, sortie ratée pour «Exodus»

Le film «Exodus» fait polémique en Afrique du Nord. Cette fresque biblique de Ridley Scott retrace la fuite hors d'Egypte de Moïse. En Egypte, justement, il a tout simplement été interdit, car jugé trop « sioniste ». Et au Maroc, il a été déprogrammé de la plupart des salles, mais sans explication. De nombreux médias crient à la censure.



L'Affiche d'«Exodus», le film de Ridley Scott. allocine.fr
L'Affiche d'«Exodus», le film de Ridley Scott. allocine.fr

Ce vendredi 26 décembre, seule une salle diffusait encore Exodus au Maroc : il s' agit du Colisée, à Marrakech. À part lui, toutes les autres salles ont déprogrammé le film sous la contrainte.

Il n'y avait pourtant pas eu d'interdiction officielle. Exodus avait son visa d'exploitation, les affiches étaient déployées, mais les exploitants ont reçu des instructions orales du Centre marocain du cinéma (CCM) et parfois même des menaces.

Les exploitants demandent maintenant aux autorités marocaines des explications. Y a-t-il vraiment interdiction et qu'est-ce qui la justifie ? « Ils ont donné un accord un numéro de visa pour l'exploitation, donc il a été vu, autorisé. Puis on nous dit le jour de la sortie, il faut l'enlever. sans aucune raison. Si c'est politique dites-nous que c'est politique, si c'est religieux, dites-nous que c'est religieux. Je ne sais pas ce qu'ils vont trouver comme excuse, on attend avec impatience la réaction de ces gens-là », s'insurge Hassan Belkady, propriétaire de plusieurs salles à Casablanca, et invité soir de RFI.

 

Toute l'après-midi hier, la commission de visionnage du CCM était en réunion pour trouver une position officielle. Visiblement personne n'ose assumer l'interdiction du film et en expliquer le motif. Selon certains médias marocains, l'un des problèmes est de faire apparaître à l'écran Moïse, un prophète, ce qui pourrait être contraire à l'islam.

 Interdiction officielle en Egypte

 

En Egypte, le film a été officiellement interdit. La censure a indiqué que l’interdiction était due aux contre-vérités historiques et religieuses du film qui relate l’exode des

Juifs d’Egypte

sous les Pharaons.

 

Le ministre égyptien de la Culture, Gaber Asfour, a tenu une conférence de presse vendredi pour indiquer qu’il avait personnellement présidé la commission spéciale composée du directeur de la censure et d’historiens qui avaient refusé le film à l’unanimité.

Le principal grief fait à Exodus est qu’il présente les Juifs comme les bâtisseurs despyramides de Gizeh. « Un mensonge qui relève de la propagande sioniste », a estimé le ministre. Selon les archéologues et historiens, la première présence historique de Juifs en Egypte est signalée il y a 2 700 ans, des mercenaires en l’occurrence, alors que les pyramides ont été construites il y a 4 500 ans.

Un incident diplomatique avait opposé Le Caire à Tel Aviv quand le Premier ministre israélien Menahem Begin, en visite en Egypte, avait affirmé à la fin des années 1970 que les pyramides avaient été construites par les Juifs. Le ministre de la Culture s’était par contre opposé à l’interdiction par la mosquée al-Azhar du film Noé  pour raisons religieuses.


Rfi.fr

Samedi 27 Décembre 2014 - 13:46



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