Au Pakistan, des parents accusés d'avoir égorgé leur fille enceinte au nom de l'honneur

Muqaddas Bibi avait une fillette de 10 mois, et elle était enceinte de sept mois lorsqu'elle a été tuée.



Au Pakistan, des parents accusés d'avoir égorgé leur fille enceinte au nom de l'honneur
Une jeune femme enceinte de son deuxième enfant a été égorgée par des proches pour s'être mariée sans leur consentement, dans l'est du Pakistan, ont indiqué des responsables vendredi, après ce nouveau crime commis au nom de l'honneur.
 
Muqaddas Bibi, 22 ans, avait épousé Taufiq Ahmed il y a trois ans en dépit de l'opposition de sa famille, qui considérait qu'un mariage d'amour - par opposition à un mariage arrangé - était une source de honte, a indiqué à l'AFP un policier chargé de l'enquête, Mohammad Arshad.
 
La jeune fille et sa famille ont coupé les liens à la suite de ce mariage, a-t-il ajouté, mais sa mère et son frère se seraient présentés dans une clinique où elle subissait des examens jeudi, et l'auraient convaincue de les suivre, assurant avoir accepté sa décision.
 
Selon le chef du commissariat local, Gohar Abbas, lorsque la jeune femme est arrivée chez elle, son père, son frère et sa mère lui ont tranché la gorge avec un couteau, la tuant sur le coup. Muqaddas Bibi avait une fillette de 10 mois, et elle était enceinte de sept mois lorsqu'elle a été tuée, a-t-il ajouté.
 
Les suspects, recherchés par la police, ont fui le domicile familial du village de Buttaranwali, à quelques 75 kilomètres de la capitale provinciale de Lahore. Un autre membre de la famille a été arrêté pour incitation au meurtre, a ajouté le policier.
 
Des centaines de femmes sont tuées chaque année au Pakistan par des proches sous prétexte qu'elles auraient bafoué l'honneur familial. La semaine dernière, une adolescente, Zeenat Bibi, a été tuée par sa mère à Lahore pour avoir épousé l'homme de son choix, un cas qui a choqué le pays.
Peu après dans la même ville, un couple a été tué pour la même raison. Et dimanche, une jeune fille chrétienne a été tuée par son frère car elle voulait se marier à sa guise, dans la ville de Sialkot, toujours dans la province centrale du Pendjab.
 
Un documentaire tourné au Pakistan sur une des rares survivantes de cette pratique, a été récompensé par un Oscar en février. Dans la foulée, le Premier ministre Nawaz Sharif s'était engagé à éradiquer ce "mal", mais aucun texte n'a été voté depuis pour empêcher l'impunité dans ce genre de crime.

lorientlejour.com

Samedi 18 Juin 2016 - 12:33



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter