Au Venezuela, trois morts et des motards armés au coin des rues

Deux civils et un militaire ont été tués mercredi lors de la mobilisation contre le gouvernement. L'opposition appelle à maintenir la pression.



C’est désormais la liberté de manifester que conteste aux citoyens le gouvernement socialiste de Nicolás Maduro. La journée de mobilisation de mercredi, très suivie à travers le pays, s’est soldée par 3 morts : deux civils et un militaire. «Demain à la même heure, nous appelons le peuple vénézuélien tout entier à se mobiliser», a déclaré en fin de journée le dirigeant de l’opposition Henrique Capriles. Depuis le 1er avril et le lancement d’une vague de protestations de rue, le nombre de manifestants tués s’élève à 8. L’ONG Foro Penal évalue à plus de 400 les arrestations de mercredi.
 
 
Fermeture du métro, filtrage des accès routiers à la capitale, dispersions par gaz lacrymogène et canons à eau: la volonté du pouvoir d’entraver la contestation était patente. Les chaînes de télévision (pour la plupart aux mains des autorités) ont montré peu d’images des défilés, et aucune de leur répression, mais ont largement couvert les rassemblements de soutien au régime. Les signaux de chaînes étrangères (comme la colombienne Caracol) qui émettaient en direct depuis Caracas ont été coupés.
 
Motards armés
En milieu de journée, un étudiant de 17 ans, Carlos José Moreno, a été atteint d’une balle dans la tête lors du rassemblement à San Bernardino, l’un des 26 points de rassemblement dans la capitale. Il est mort à l’hôpital, trois jours avant sa majorité. Des témoignages recueillis par l’AFP mettent en cause les «colectivos», groupes de civils armés par le régime, qui circulent à moto. Ils seraient aussi responsables de la mort de Paola Ramirez, 23 ans, à San Cristobal dans l’Etat de Tachira. Dans la soirée était annoncée la mort d’un sergent de la Garde nationale, tué par des «francs-tireurs».
 
La façon d’opérer des bandes de motards armés rappelle celle des bassidji lors des manifestations de 2009, en Iran, quand la rue contestait la réélection du président Ahmadinejad. Cette milice paramilitaire formée de civils, organisée en brigades motorisées, fondait sur la foule en provoquant la panique. Il y avait eu au moins 150 morts parmi les manifestants. L’Iran a été un partenaire commercial et idéologique fidèle du Venezuela, et Ahmadinejad a multiplié les rencontres avec Hugo Chávez, puis son successeur Nicolás Maduro.
 


Jeudi 20 Avril 2017 - 17:21



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