Au Zimbabwe, le parti au pouvoir continue de se déchirer

Au Zimbabwe, la situation est toujours tendue au sein du parti du président, Robert Mugabe, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF). Un mois après une importante purge effectuée au sein de la formation politique, plusieurs membres critiques de Mugabe et de son successeur se rebellent avec en première ligne l’ancienne vice-présidente, Joice Mujuru. Ils dénoncent leur mise à l’écart et menacent de porter l’affaire devant les tribunaux.



Le président du Zimbabwe Robert Mugabe et son épouse Grace assistent à Harare, le 12 août 2014, à un rassemblement à l'occasion de la journée dédiée aux forces armées. Reuters/Philimon Bulawayo
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe et son épouse Grace assistent à Harare, le 12 août 2014, à un rassemblement à l'occasion de la journée dédiée aux forces armées. Reuters/Philimon Bulawayo

L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) étale ses divergences en public et c’est du jamais-vu. Dans une lettre publiée par la presse, Didymus Mutasa, ancien secrétaire administratif du parti, dénonce la purge dont il a été victime en décembre.De nombreux cadres proches de l’ancienne vice-présidente, Joice Mujuru,  ont été accusés de complot contre le chef de l’Etat et mis à l’écart. Parmi eux, on retrouve une dizaine de ministres.

Dans sa lettre, Mutasa dénonce ceux qu’il estime être derrière cette purge, à savoir le vice-président Emmerson Mnangagwa et la Première dame Grace Mugabe. Il les accuse d’avoir semé la discorde et la haine afin de prendre le contrôle du parti. Didymus Mutasa dénonce également l’illégalité de la procédure qui a conduit à leur exclusion et menace de porter l’affaire devant les tribunaux.

Pour les analystes politiques, jamais la Zanu-PF n’a fait un tel étalage de ses divergences. Il s’agit d’une crise sérieuse. D’autant plus que Joice Mujuru aurait toujours de nombreux soutiens au sein du parti. Plusieurs analystes estiment toutefois qu’il est trop tôt pour assister à une scission officielle du parti au pouvoir. En revanche, on pourrait voir deux candidats Zanu-PF  pour un même poste lors des élections partielles du mois de mars, soit un début de rébellion.



Jeudi 15 Janvier 2015 - 17:18



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