Au moins 140 morts lors des affrontements de lundi

Les forces armées de la République démocratique du Congo ont repoussé lundi des attaques lancées contre l'aéroport, l'état-major et le siège de la télévision publique de la capitale.



Au moins 140 morts lors des affrontements de lundi

Les affrontements qui se sont produits lundi en République démocratique du Congo (RDC) ont fait au moins 140 morts. Un témoin a rapporté mardi le décès d'au moins 40 personnes à Lubumbashi, deuxième ville du pays, tandis qu'un bilan gouvernemental faisait état d'une centaine de victimes à Kinshasa.

«J'ai vu une quarantaine de corps dans des camions de la GR (garde républicaine, chargée de la protection du président Joseph Kabila) qui se dirigeaient vers des morgues. Tous étaient habillés en civil, c'est difficile de dire si tous étaient des adeptes ou s'il y avait aussi des civils qui n'avaient rien à voir» avec les fusillades, a déclaré à l'AFP ce témoin sous couvert d'anonymat.

Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende avait précédemment annoncé un bilan d'une centaine de morts. De son côté, le président Joseph Kabila  est arrivé en matinée à Kinshasa depuis Lubumbashi, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Prophète de l'Eternel»

«Gideon Mukungubila est venu pour vous libérer de l'esclavage des Rwandais», déclaraient-ils dans leur message. Gideon est le surnom utilisé par les partisans de Mukungubila, qui se fait aussi appeler le «prophète de l'Eternel».

Il était candidat à l'élection présidentielle de 2006, durant laquelle Kabila a remporté un nouveau mandat. Le «prophète de l'Eternel», qui refuse l'accord de paix signé ce mois-ci avec les rebelles tutsis du M23 dans l'est de la RDC, accuse le gouvernement congolais d'avoir cédé devant les intérêts des Tutsis et les pressions du Rwanda voisin.

«Aventure sans lendemain»

Dans le centre de Kinshasa, les rues sont restées désertes et les commerçants ont fermé boutique au moment des événements. «C'était une aventure sans lendemain. Impossible d'espérer s'emparer de la ville de Kinshasa avec ce que nous avons vu ici», a déclaré Jean-Pierre Kambila, l'un des conseillers politiques de Joseph Kabila.

Des témoins ont aussi fait état de tirs dans le camp militaire de Tshatshi (état-major) et à l'aéroport de Ndjili, dans les faubourgs de Kinshasa. Des attaques qui seraient liées, selon le porte-parole du gouvernement, qui accuse les assaillants d'avoir mené une agression visant à terroriser la population.

Plusieurs sources ont cependant affirmé que les attaques seraient liées à la nomination d'un nouveau chef à la tête de la police, le général Charles Bisengimana.

Fusillade au Katanga

Peu après ces combats, une fusillade a eu lieu entre des militaires et des partisans de Mukungubila dans la province du Katanga, à plus de 2400 km au sud-est de la capitale, non loin de la frontière avec la Zambie.

Les tirs ont éclaté alors que des soldats attaquaient l'église de Mukungubila dans la capitale de la province, Lubumbashi, où le calme est vite revenu. Des attaques se sont également produites à Kindu, capitale de la province du Maniema.

Les troupes de l'ONU en état d'alerte

La Mission de l'ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a mis ses troupes en état d'alerte lundi après des attaques qui ont ciblé quasiment au même moment Kinshasa, Lubumbashi, deuxième ville du pays, et Kindu, a déclaré lundi soir l'ONU. La Monusco «a placé en alerte les troupes présentes dans ces villes», où un calme précaire est revenu, a déclaré Martin Niersky, porte-parole du secrétaire général de l'ONU, s'exprimant depuis New-York. Il a précisé qu'un employé congolais de la Monusco avait été blessé lors de l'attaque de l'aéroport de Kinshasa.


lematin.ch

Mardi 31 Décembre 2013 - 11:25



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