Audience spéciale à la salle 4: Aïda Ndiongue et Cie fixés sur leur sort ce mercredi (juge)



Audience spéciale à la salle 4: Aïda Ndiongue et Cie fixés sur leur sort ce mercredi (juge)
Après Karim Wade, place en effet à Aïda Ndiongue et Cie à la salle 4 du Palais de Justice de Dakar. Une audience spéciale dans le cadre du fameux Plan Jaxaay plus particulièrement l’affaire des 20 milliards pour lesquels les responsables libéraux ont été placés sous mandat de dépôt au soir du 17 décembre 2013. Une audience spéciale qui a tiré en longueur. En rose et blanc, l’ancienne sénatrice  par ailleurs venue avec un volumineux dossier, n’a pas tardé à se signaler. Ce, pour rejeter les faits qui lui sont reprochés. Tout comme son camarade de parti, Abdoul Aziz Diop qui est pour sa part, tout de blanc vêtu.


Aïssatou Ndiongue dite Aïda reconnait bien l’existence des bijoux mais réfute leur estimation à trois (3) milliards de F CFA. Parlant de 800 millions de F CFA à peu près, l’ancienne mairesse des HLM reconnait avoir à son actif plus de 22 coffres mais cette  «fortune» ne provient pas du Plan Jaxaay. Dans la mesure où souligne-t-elle, son premier coffre, elle l’a ouverte en 1988, elle en compte 22 depuis lors.  «J’ai acheté de l’or en 1978 », martèle-t-elle.


«Beaucoup d’amalgames sur ma personne», Abdoul Aziz Diop
«En tant que coordonnateur, je n’intervenais pas dans la réception parce que je suis Directeur de Cabinet et cumulativement j’étais coordonnateur. D’où mon intervention dans l’exécution des marchés. Je n’ai jamais été présent dans un lieu de réception du Plan Jaxaay », s’inscrit le prévenu qui indique que dans son cas, le maître des poursuites « a mal interprété». D’autant plus qu’ «on avait un excédent de 900 millions de F CFA». Agent comptable, Amadou Ndiaye lui-aussi dans les liens de la détention de préciser qu’il a eu à signer deux chèques de cinq (5) milliard.


Du lot de quatre (4) qui sont ce matin à la barre, le secrétaire général est le seul à avoir bénéficié de la liberté provisoire. Ce, depuis le 31 juillet 2014 ; une décision confirmée par ailleurs par la Cour suprême le 16 octobre 2014. Selon Abdoul Aziz Diop, l’agent comptable a été nommé le 23 mars 2011 à partir de l’ouverture de comptes de dépôt. «Il y a eu beaucoup d’amalgames concernant ma personne», souscrit le responsable libéral qui affirme que c’est que «quand (il) a émis un ordre de virement au Trésor qu’il lui a été notifié que désormais il fallait respecter l’ordre». Et de lancer qu’il «n’a jamais eu à poser un acte comptable après sa passation de services avec Amadou Ndiaye».


Le cadre libéral confirme dès lors sa «brouille avec l’agent comptable»; agent qui sera relevé par le ministre des Finances. Et pour prouver qu’il n’avait aucun moyen de pression sur ce dernier, l’ancien Directeur de Cabinet d’Oumar Sarr alors ministre de l’Habitat, de préciser qu’Amadou Ndiaye a eu à refuser un ordre de paiement. Ce qui prouve  qu’il (Abdoul Aziz Diop) «n’avait aucun moyen de pression sur lui (Amadou Ndiaye)».
Interrogé par le Procureur, l’agent comptable dira avoir procédé aux vérifications des motopompes et des tentes notamment pour voir «si les quantités sont conformes». Une réception qui s’est faite en deux (2) jours, hésite ce dernier qui n’a «plus souvenance du lieu exact ». 


Secrétaire général, Madou Sall sert pour sa part, « ne pas savoir qui a procédé au choix des entreprises». Et « il n’a jamais dit que ces entreprises appartenaient à une personne bien déterminée».  Des vérifications qui se sont faites «sur une seule motopompe et à partir d’une tente installée avant de procéder à la signature», ironise la partie civile. La défense elle, s’insurge contre la présence de l’AJE (Agent Judiciaire de l’Etat. «Il faut qu’on fasse attention», tonne Me Doudou Ndoye. L’AJE qui précise que rien n’empêche sa présence. «Nous pouvons venir sans avocat et poser des questions. Nous avons la casquette de conseil de l’Etat du Sénégal », plaide ce dernier.


Le juge de prévenir: «Nous n’avons qu’une seule journée pour régler cette question», rappelant ainsi que la salle 4 leur a été prêtée. D’où sa recommandation de «poser les questions en bloc». Trois (3) détenus qui finiront par regagner le box des prévenus pour céder la place aux témoins. Commence alors le défilé des témoins parmi eux les proches d’Aïssatou Ndiongue dite « Aïda ». Prévenue qui sera présentée comme un « bailleur » par les siens. «Elle nous aide financièrement, comme une tante qui aide ses neveux ». Ce, en plus du rôle de « soutien intellectuel », souligne le responsable de la société « EGTGF » qui s’occupait des « bacs à ordures ».

 
Après la sœur de même père et mère qu’Aïda Ndiongue. Cette dernière qui indique avoir autorisé la prévenue à utiliser son nom pour «créer une entreprise». A la barre, intendant lycée technique De Lafosse, Gilbert Sarr lance : «Nous n’avons rien reçu » car « nous n’avons rien commandé». «Ce que je peux souligner, poursuit-il : «c’est que le ministre Moussa Sakho (Enseignement technique et de la Promotion professionnelle), lui-même était venu nous confier du matériel destiné à l’ANAMA (Agence Nationale de la Maison de l’Outil », matériel parsemé ici et là dans la Cour du lycée ». Et que «faute de place dans son ministère, ce dernier ne voulait pas que l’ANAMA perde ce matériel».


Me Ciré Clédor LY et Cie de la défense ne cachent pas leur sourire. Ils ne tardent pas à formuler cette demande à savoir un «mandat d’amener contre David Hubert Thioune, agent comptable de l’Etat ». «On voit que c’est lui qui constitue la principale charge dans ce dossier », marquent-ils. Et d’autant plus, toujours selon eux, le juge ne peut fonder sa décision que sur les éléments de preuves. Le Procureur préconisant que « ce que ce témoin a dit est inscrit sur Procès-Verbal (PV), plaide donc le rejet. Partie qui sera suivie par le Tribunal qui «n’estime pas nécessaire » qui se suffit donc « aux déclarations de ce dernier (david Hubert Thioune) ». «On en tire toutes les conséquences », s’écrit la défense. L’audience est pour le moment suspendue jusqu’à 15 heures.
 


Mercredi 15 Avril 2015 - 14:59



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