Baba Dioum, ou les mémoires d’un ingénieur africain, un ouvrage qui retrace le parcours du premier ingénieur des eaux et forêts

Après un demi-siècle de beaux et loyaux services rendus à la nation, Baba Dioum pour ne pas le nommer a retracé son riche parcours professionnel dans un ouvrage qui va paraître dans les jours à venir. Intitulé « Dans l’antichambre du pouvoir 1964-2014- mémoire d’un ingénieur africain », le premier ingénieur des eaux et forêts du Sénégal et troisième en Afrique retrace dans cet ouvrage une série de récits d’événements comme les politiques d’ajustement structurel mais aussi des différentes politiques de planification agricole du pays. Sans oublier son parcours en tant qu’homme d’action. Bref une biographie du général. Un mémoire qui explicite le parcours exceptionnel de Baba Dioum.



Homme de défis. Baba Dioum est un de ces technocrates ingénieur tapis dans l’ombre de la performance et de la rigueur dans le travail. Coordonnateur général de la Conférence des ministres de l’agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du centre, Baba Dioum est très peu connu de la jeune génération. Pourtant l’homme, est le premier ingénieur des eaux et Forêts au Sénégal, pour celui qui était destiné à la profession d’avocat. Aujourd’hui au crépuscule d’une carrière riche et bien remplie,  Baba Dioum revient sur  son parcours dans son ouvrage intitulé « Dans l’antichambre du pouvoir 1964-2014- mémoire d’un ingénieur africain », qui va bientôt paraitre aux éditions Harmattan Sénégal. Dans cet ouvrage Baba Dioum retrace le parcours élogieux d’un homme de l’ombre, un livre qui relate les étapes d’une carrière, couronnée d’honneurs mais aussi des manquements, comme tous les parcours humains  qui se heurtent parfois aux lois immuables du destin. 

Une riche carrière d’ingénieur des eaux et forêts

Premier ingénieur des Eaux et Forêts du Sénégal et le troisième en Afrique Baba Dioum a eu une carrière riche et remplie. Au cœur de toutes les politiques de planification agricoles du Sénégal de Senghor à Abdou Diouf, ce natif de Dahra Djoloff a vite gravi tous les échelons et a eu à  mettre en place les eaux et forêts « J’ai eu donc la lourde mission de promouvoir les métiers des eaux et forêts à l’époque au Sénégal », renseigne Mr Dioum. Très attaché à la nature et fin connaisseur de l’agriculture. Précurseur de la majeure partie des infrastructures hydro agricoles du Sénégal, à l’époque nous venons juste d’accéder à l’indépendance. Homme de défis Baba Dioum est un alchimiste, il est de la race de ce qui transforme le plomb en or. « J’aime bien faire ce qui parait impossible, en fait je suis un homme de défis », le mot est lâché. Même si aujourd’hui il est usé par le temps qui chemin faisant fait son effet sur l’homme, Baba Dioum reste toujours en activité, car Coordonnateur général de la Conférence des ministres de l’agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Baba Dioum relate dans cet ouvrage le parcours élogieux qu’il a connu dans les différentes sphères du gouvernement à aujourd’hui à la tête d’une organisation sous-régionale.  

Gestionnaire né pour les affaires, Baba Dioum retrace dans son ouvrage les leçons de vies d’un homme qui a côtoyé les politiques sans y laisser des plumes. En effet, s’il a réussi à être avec les hommes politiques, c’est parce qu’il s’est appesanti sur les valeurs sociales qui ont bercé son enfance pour les transposer sur le plan professionnel et en faire ses viatiques. Le succès, Baba Dioum l’a connu très jeune à la conférence de New Delhi de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il va gagner un standing ovation devant Mahatma Gandhi, lui-même subjugué par le discours de ce jeune sahélien dont certains passage sont aujourd’hui utilisés dans tous les milieux je cite « On ne protège que ce que l’on aime, on aime que ce que l’on connait et on ne connait que ce que l’on vous a pris » fin de citation.

Ces paroles devenues célèbres, pourtant ils sont très peu à  pouvoir vous dire l’auteur et le contexte dans lequel elles avaient été prononcées. Enraciné dans ses valeurs, Baba Dioum, résume sa vie professionnelle autour du mot CLE, a savoir la Compétence, la Loyauté et l’Engagement, un engagement qui n’a rien à voir avec le larbinisme, encore moins de la courbette. Baba Dioum a servi son pays avec loyauté et engagement mais aussi avec responsabilité.   

Acteur et témoin des politiques sectoriels d’ajustement structurel, Baba Dioum tient tout de même à relativiser ce que beaucoup de Sénégalais ont vite fait de qualifier de catastrophe. Pour lui, il fallait ajuster, redresser ce qui n’allait pas, même s’il reconnait qu’il ya eu des déviations cela par manques de compétences de certains acteurs qui pilotaient ou supervisaient ce processus. Ce qui a entrainé « certains dérives » reconnait-il.

Son passage devant la Crei-un coup du destin

Au terme d’une carrière bien remplie, après un demi-siècle de beaux et loyaux services, Baba Dioum s’est toujours senti comme un homme de justice sociale, il aime rendre comptes. C’est d’ailleurs le seul point noir de sa riche carrière d’ingénieur des eaux et forêts, son  passage devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), pour justifier l’origine licite de ses biens. Baba Dioum est la deuxième personnalité, après un certain Bécaye Séne,  à être passé devant la Crei. Il sera mis aux arrêts à tire préventif et bout de trois mois d’enquêtes, c’est l’acquittement pour défaut de preuves. Et, quant on lui rappel ce pan de son histoire, l’homme ne fait pas profil bas avec son physique avenant, au contraire il aborde avec beaucoup de sérénité ce passage qu’il range dans le compte du destin « Vous savez on ne peut pas échapper à son destin,  mais on ne peut pas échapper aussi à la politique », confie t-il.

Fonctionnaire chevronné et ingénieur rompu à la tâche, aujourd’hui coordonnateur général de la Conférence des ministres de l’agriculture des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Baba Dioum se dévoile enfin au grand jour  à travers son ouvrage dont la sortie est prévue samedi prochain. Un ouvrage pour défier le temps, pour s’éterniser, car seul l’écrit reste. Un mémoire qui retrace le parcours exceptionnel de ce natif de Dahra Djoloff, et qui cadre bien avec l’homme.
   
    

Khadim FALL

Mercredi 13 Janvier 2016 - 08:34



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