Baltazar Garzon : «Les dirigeants africains perdent leur bravoure quand ils quittent le pouvoir».

La vue de l’ancien dirigeant tchadien, hier, refusant de répondre aux questions, n’a pas enchanté Baltazar Garzon. Ce qui a poussé le célèbre juge espagnol à soutenir que les dirigeants africains perdent leur bravoure en même temps que le pouvoir.



 «En franchissant la salle d’audience, j’ai eu le sentiment que les dirigeants africains sont très braves quand ils sont au pouvoir, mais que c’est le contraire qui se produit quand ils quittent le pouvoir». Ces propos ont été émis par le juge espagnol, Baltazar Garzon, hier, lors de son face-à-face avec la presse. M Garzon a néanmoins averti que la tenue de ce procès est un test et que sa réussite engage la crédibilité des Chambres africaines extraordinaires (Cae), car, si c’est le cas, il ne sera plus nécessaire de traduire en justice des dirigeants africains ailleurs qu’en Afrique.

Selon, lui, Hissein Habré, qui a été inculpé et arrêté grace à ces investigations peut être comparé à Pinochet (Ndlr : dictateur chilien qu’il a aussi fait arrêter) au vu de leurs similitudes : «Il y a 18 ans, le général Pinochet était arrêté à Londres pour des crimes commis en Chili 20 ans plus tôt. Nous avons baptisé Habré le Pinochet africain, en tenant compte des victimes et autres tchadiens qui ont subi les méfaits de son régime», explique-t-il.

Et le juge de conclure en se rappelant des conditions dans lesquelles l’ex président de la République du Tchad a été arrêté : «j’avais émis un mandat pour des crimes commis au Tchad, ce qui a donné naissance à son inculpation en 2000 par le juge Demba Kandji ».

Ousmane Demba Kane

Mardi 20 Octobre 2015 - 09:23



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