Bantu Holomisa: Mandela «a sauvé son pays d'un bain de sang»

Aujourd'hui opposant à l'ANC, Bantu Holomisa est resté l'un des proches amis de Nelson Mandela et de sa famille. Il a été l'un des premiers avec les petites-filles de Mandela à se rendre au domicile du chef de la lutte anti-apartheid après sa mort. Bantu Holomisa dit sa tristesse au micro de RFI.



L'opposant Bantu Holomisa, ici en juin 1998, a été l'un des amis les plus proches de Neslon Mandela. AFP
L'opposant Bantu Holomisa, ici en juin 1998, a été l'un des amis les plus proches de Neslon Mandela. AFP

 Votre première réaction à la mort de Madiba ?
 

Bantu Holomisa : Toutes mes condoléances à la famille de Nelson Mandela, au Congrès National Africain, à tous ceux qui ont admiré, suivi et qui se considèrent comme des amis de Madiba à travers le monde. Mandela, c'est quelqu'un qui n'hésitait pas à parler avec beaucoup de franchise aux décideurs du monde entier. Mais il était aussi capable de se lier avec toutes sortes de gens. J'ai travaillé à ses côtés depuis 1990. C'était un homme fort, quelqu'un de très courageux. Vous vous souvenez tous qu'il était l'un des premiers dans ce pays à appeler à la lutte armée contre le régime de l'apartheid quand d'autres voulaient encore négocier avec les Afrikaners. Mais c'est aussi lui qui a dit : « Arrêtez de vous battre ! », quand d'autres voulaient continuer à se battre. Et quand on regarde en arrière, on réalise qu'il a sauvé ce pays d'un bain de sang.
 

 

Vous étiez l'un de ses proches amis, quel souvenir garderez-vous de lui ?
 

On a voyagé partout dans le monde avec Mabida, aux Nations unies, en Europe. Citez un pays, on y a été. Chaque fois qu'il m'introduisait, il disait : « celui qui voyage avec moi, c'est Bantu Holomisa, le dictateur du Transkei, du nom d'une des anciennes régions d'Afrique du  Sud ». Il disait : « J'ai décidé de voyager avec lui parce qu'il est très populaire dans mon pays... Et j'ai peur qu'il retourne les masses populaires contre moi... » Ça c'était Madiba. C'étaient ces moments plein de légèreté que nous passions ensemble.
 

Qu'est-ce que sa mort va changer pour l'Afrique du sud ?
 

Rien ne va véritablement changer. Ce qui nous manque déjà, c'est de mieux comprendre encore ce que Mabida nous a enseigné. Il faut qu'on se souvienne de ses enseignements. La meilleure manière de le décrire finalement c'est de dire que c'était quelqu'un de discipliné et c'est ce qui nous manque aujourd'hui aussi.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Vendredi 6 Décembre 2013 - 10:26



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter