Barack Obama offre de régulariser près de 5 millions de clandestins

Le président Barack Obama s’est adressé aux Américains hier soir, jeudi, pour leur expliquer les mesures qu’il compte mettre en place pour régulariser des millions de sans-papiers qui vivent dans la peur constante d’être expulsés.



Barack Obama offre de régulariser près de 5 millions de clandestins

Dans une allocution d’une quinzaine de minutes, Barack Obama a offert une régularisation provisoire à quelque 4,5 millions de sans-papiers. Tout clandestin vivant aux Etats-Unis depuis plus de cinq ans et ayant un enfant américain ou disposant d’un statut de résident permanent pourra demander un permis de travail de trois ans.

Le président américain s’est livré à un plaidoyer pour les sans-papiers qui travaillent dur pour se faire leur place au soleil, mais aussi à un réquisitoire contre les républicains qui refusent d’agir pour réformer le système et contestent la légalité de son action :

« Les mesures que je prends ne sont pas seulement légales, elles sont du même type que celles prises par chaque président républicain et chaque président démocrate depuis un demi-siècle, a rappelé Barack Obama. Et aux membres du Congrès qui mettent en doute mon autorité ou me critiquent quand j’agis pour que notre système d’immigration fonctionne mieux là où le Congrès a échoué, je n’ai qu’une réponse : votez une loi ! »

Les républicains ont déjà promis de combattre ces mesures prises sans le consentement du Congrès et qu’ils jugent anticonstitutionnelles. Le président de la Chambre, John Boehner a commenté : « Le président a dit qu’il n’était ni un roi, ni un empereur, mais il se comporte comme s’il en était un ».

« Nous serons toujours une nation d'immigrants »

Dans son allocution, Barack Obama a aussi rappelé que l’Amérique était un pays d’immigrants et que des expulsions de masse seraient contraires au caractère américain :

« Sommes-nous une nation qui tolère l’hypocrisie d’un système où les travailleurs qui cueillent nos fruits et font nos lits n’auront jamais l’occasion de régulariser leur situation ? Ou sommes-nous une nation qui leur donne la chance de se mettre en règle et de pouvoir offrir un meilleur avenir à leurs enfants ? Sommes-nous une nation qui accepte la cruauté d’arracher les enfants des bras de leurs parents ? Ou sommes-nous une nation qui respecte les valeurs familiales et œuvre à garder les familles ensemble ? Sommes-nous une nation qui éduque les meilleurs et les plus brilliants dans nos universités pour qu’ils retournent chez eux et créent des entreprises dans des pays qui deviendront nos compétiteurs ? Ou sommes-nous une nation qui les encourage à rester ici, à créer des entreprises ici, à créer des industries ici même en Amérique ?C’est l’essence même de ce débat ».

Barack Obama a donc estimé qu’après six ans d’inaction dans ce domaine et le blocage des républicains, il lui fallait agir car les Latinos, un bloc électoral grandissant, commençaient à s’impatienter.

Bien entendu, du côté des associations de défense des clandestins et des démocrates, on se montre satisfait de cette décision. Hillary Clinton, sur son compte Twitter, félicite le président et plaide en faveur d’une réforme bipartisane. Les Latinos, même s’ils avaient espéré plus, parlent d’un pas dans la bonne direction. Une jeune Hispanique qui avait écouté le discours avec de nombreux autres devant la Maison Blanche, a ainsi exprimé sa satisfaction en brandissant une pancarte sur laquelle elle avait écrit : « Gracias, Presidente Obama ».


Rfi

Vendredi 21 Novembre 2014 - 10:04



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