Bataille de Mossoul: les forces kurdes à l'assaut de Bachika

Les forces irakiennes et kurdes, épaulées par la coalition internationale, ont lancé cette semaine la bataille de Mossoul. Située à une dizaine de kilomètres de la deuxième ville d'Irak, Bachika, qui comptait autrefois 100 000 habitants, est sous le contrôle de l’organisation Etat islamique. Les peshmergas kurdes tentent ce jeudi 20 octobre de reprendre cette localité.



Bataille de Mossoul: les forces kurdes à l'assaut de Bachika
Les premiers coups de canon ont commencé à retentir aux premières lueurs du soleil, ce jeudi matin à Bachika. C’est ville est occupée par l’organisation Etat islamique depuis plus de deux ans et se trouve au pied d’une montagne contrôlée par les Kurdes.

Le général peshmerga responsable de cette opération a expliqué à RFI, dans la nuit de mercredi à jeudi, que cette offensive serait leur dernière opération de grande ampleur. Selon lui, une fois Bachika reprise, plus aucune terre kurde ne sera sous contrôle de l’organisation Etat islamique.
L’armée irakienne, elle, est remontée par le sud pour venir prêter main-forte. Pourtant dans la base kurde, les combattants l’affirment, Bachika sera reprise par les peshmergas et eux seuls.

En plus de deux ans de combats contre le groupe terroriste, le gouvernement kurde a libéré des terres officiellement sur le territoire national. Et les Kurdes en réclament aujourd’hui la propriété.
Il semblerait que les peshmergas finiront aujourd’hui de dessiner les frontières du nouveau Kurdistan, plus grand et plus reconnu internationalement.

Crainte d'une catastrophe humanitaire

Alors que l'offensive vers Mossoul a commencé, les acteurs humanitaires sur place craignent de voir se dessiner l'une des plus importantes et complexes catastrophes humanitaires de ces dernières années. Dans le camp de déplacés de Dibaga, localité contrôlée par les autorités kurdes, il n'y a plus de place. Le chef de camp, Ahmed, ne sait plus vers qui se tourner pour demander de l'aide.

« Nous essayons de gérer les camps de déplacés dans la région d’Erbil. Aujourd’hui, selon nos planifications, nous attendons encore que les Nations unies et le gouvernement installent de nouveaux camps pour que nous les gérions ensuite », explique-t-il, déplorant le manque d'infrastructures. « Seulement deux camps à Khazir sont en train d’être construits. Mais je ne pense pas que cela suffira. Nous avons besoin de plus de places. »

Il estime que les travailleurs humanitaires ont besoin de plus d'aide des Nations unies et « du gouvernement kurde, du gouvernement irakien et aussi des gouvernements européens. De mon point de vue, nous devons nous préparer à plus d’un million de personnes venant au Kurdistan. Il faut accueillir toutes ces personnes. Mais comment ? Je ne sais pas. »

Ousmane Demba Kane

Jeudi 20 Octobre 2016 - 14:35



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter