Belle fin d'année pour Barack Obama

Aux Etats-Unis, l'année 2010 aura été notamment marquée par les élections de mi-mandat et la lourde défaite du camp démocrate de Barack Obama. Mais si, au lendemain du scrutin, la fin de l'année s'annonçait catastrophique pour le président américain, les dernières semaines ont finalement tourné en sa faveur.



Le président américain Barack Obama et sa fille Malia (g) pendant leur vacances de noël à Kailua, à Hawaï, le 27 décembre 2010. Reuters / Hugh Gentry
Le président américain Barack Obama et sa fille Malia (g) pendant leur vacances de noël à Kailua, à Hawaï, le 27 décembre 2010. Reuters / Hugh Gentry
Alors que, depuis deux ans, les démocrates étaient largement majoritaires à la Chambre des Représentants et au Sénat, ce 3 novembre 2010 au matin, les visages sont fermés. Le camp de Barack Obama vient de perdre la majorité à la Chambre basse et ne la conserve que in extremis au Sénat. Une véritable claque électorale : 69 sièges basculent à droite, entre les mains des Républicains. Du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale.

« Certaines soirées électorales sont plus drôles que d'autres », reconnait Barack Obama lors d'une conférence de presse, dès le 3 novembre. « Certaines sont enivrantes, d'autres humiliantes. Mais chaque élection, quelqu'en soit le vainqueur ou le perdant, nous rappelle que dans notre démocratie, le pouvoir ne repose pas entre les mains de ceux qui sont élus, mais entre celles des personnes que nous avons le privilège de servir. Bon, je ne suis pas en train de conseiller à chaque futur président de prendre une raclée comme celle que j'ai prise hier soir... Je suis sûr qu'il y a d'autres moyens de retenir ce genre de leçons. »

Faire passer un maximum de projets

Un président démocrate, un Congrès divisé, tous les analystes politiques prédisent le blocage permanent des institutions. Ce même 3 novembre, le nouveau chef de file des Républicains à la Chambre des Représentants, John Boehner, assure que son camp défera immédiatement la réforme de l'assurance maladie menée par Barack Obama.

« La loi sur l'assurance maladie va détruire des emplois aux Etats-Unis, ruiner le meilleur système de santé au monde et mettre notre pays en faillite », assure John Boehner. « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour abroger ce texte et le remplacer par des réformes de bon sens visant à faire baisser le coût des soins de santé ».

Nous sommes début novembre et le nouveau Congrès ne prend ses fonctions que début janvier. Il reste donc deux mois au camp démocrate pour faire passer un maximum de ses projets. Mais Barack Obama va choisir de commencer par négocier avec les Républicains un compromis sur les réductions d'impôts qui avaient été décidées sous George Bush et qui arrivent à terme, fin décembre. Stupeur dans le camp démocrate, où l'on accuse le président d'avoir jeté l'éponge et de ne plus vouloir combattre.

Barack Obama refuse de plier sous la pression de ses propres troupes

« Je veux qu'il réussisse. Je veux lui montrer la voie pour y parvenir ! », s'emporte le Représentant de New York, le démocrate Anthony Weiner, sur la chaîne de télévision CNN. « Et ce qu'il doit comprendre, c'est que s'il livre ce combat, il le remportera. Il peut changer la donne s'il s'en donne la peine. »

Mais rien n'y fait, Barack Obama refuse de plier sous la pression de ses propres troupes. Et c'est peut-être là qu'il va jouer l'un de ses meilleurs coups politiques. Il se positionne « au-dessus de la mêlée », en président responsable.

« Je sais qu'il y a des gens au sein de mon parti (et dans l'autre parti) qui préféreraient prolonger la bataille, quitte à ne jamais parvenir à un compromis, regrette Barack Obama. Mais je ne laisserai pas des familles à travers tout le pays devenir les victimes collatérales d'un conflit politique à Washington».

Et le président américain va réussir à imposer ce compromis à la Chambre des Représentants et au Sénat, pesant de tout son poids, décrochant son téléphone pour appeler les élus de son camp les uns après les autres et les convaincre qu'il s'agit de la meilleure stratégie.

Faire totalement oublier la défaite du 2 novembre

Grâce à ce compromis, le président américain va réussir deux exploits. Faire totalement oublier, d'abord, sa défaite du 2 novembre. Les sondages vont montrer que l'opinion publique est très favorable au compromis négocié par le président américain avec l'opposition.

Ensuite, Barack Obama va se servir de ce compromis pour faire passer un certain nombre d'autres textes devant le Congrès, notamment l'abrogation de la loi « Don't Ask Don't Tell », qui interdisait aux soldats américains de se dire ouvertement homosexuels, ou encore la ratification du nouveau traité START de désarmement nucléaire américano-russe.

Deux promesses de campagne. Juste avant de partir fêter Noël, le président américain triomphe : « Après les élections de mi-mandat, beaucoup de gens dans cette ville prédisaient que Washington n'allait plus connaître que les intérêts partisans et le blocage. Au lieu de ça, nous venons de traverser une période de progrès pour le peuple américain. »

Une belle fin d'année, pour le président américain qui a fêté Noël, en famille, dans son Etat natal d'Hawaï. Mais, dans quelques jours, commencera une nouvelle période. Celle de la véritable cohabitation. Et là, les choses seront peut-être plus compliquées.

RFI

Mardi 28 Décembre 2010 - 17:29



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