Bénin: une manifestation réprimée à Cotonou

Au Bénin, Cotonou a été le théâtre d’une nouvelle journée de violence mercredi. Une marche de l'opposition a été réprimée dans la matinée. Cette marche d'un millier de personnes faisait suite à l'intrusion lundi des forces de l'ordre au domicile du député Candide Azanaï, contre lequel le président Boni Yayi avait déposé une plainte, qui a ensuite été suspendue. La veille, le ministre de l'Intérieur avait interdit toute manifestation jusqu'à la fin du processus électoral alors que des élections municipales, communales et locales sont prévues le 31 mai. La mairie de Cotonou avait autorisé cette marche. En fin d'après-midi, le camp présidentiel a réagi pour la première fois depuis les échauffourées de lundi.



Un bureau de vote à Cotonou lors des élections législatives remportées par le parti du président Boni Yayi. Photo : RFI / G.T
Un bureau de vote à Cotonou lors des élections législatives remportées par le parti du président Boni Yayi. Photo : RFI / G.T

9h30. Le député Candide Azanaï  arrive place de l'Etoile rouge, traditionnel point de départ des manifestations. Il sort de sa voiture et marche, rejoint par ses partisans brandissant des pancartes « Ça passe ou ça casse », des membres de l'opposition et de la société civile. 300 mètres plus loin, le cortège est bloqué par les forces de l'ordre.

Adidjatou Mathys, ancienne ministre de l'Economie, interpelle le chef de l'Etat : « Plus jamais ça dans ce pays, qu’il se le tienne pour dit ! Il a hérité d’un pays en paix ! » Changeant d'itinéraire, les manifestants seront finalement encerclés par les forces de l'ordre non loin de la présidence puis dispersés avec des gaz lacrymogènes.

En fin d'après-midi, le camp présidentiel donne une conférence de presse. « Ce n’est pas parce qu’on est parlementaire qu’on doit s’attaquer au chef de l’Etat impunément, déclare Barthélémy Kassa, le ministre de l'Energie. Ce qu’on a vécu ces derniers jours à Cotonou est complètement inacceptable. On a vu d'anciens chefs d’Etat aller manipuler la population pour appeler à l’insurrection. Il faut tout faire pour éviter la récupération politique. »

De son côté, François Abiola, le ministre d'Etat, équivalent du Premier ministre, a appelé au calme.


Rfi.fr

Jeudi 7 Mai 2015 - 07:43



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