Boko Haram : les soldats nigérians victorieux saluent leurs frères camerounais et tchadiens

Les militaires nigérians, forts de leur récente victoire dans la ville de Gamboru contre Boko Haram après des mois d'impuissance, sont venus saluer soldats camerounais et tchadiens mercredi soir sur un pont frontalier emblématique de la guerre contre les islamistes.



L’armée nigériane avait annoncé mardi avoir repris aux insurgés Gamboru, carrefour stratégique pour la région. Depuis un an, aucun militaire nigérian n’avait été aperçu dans cette localité, située dans le nord-est du pays et tombéee aux mains de Boko Haram  qui y faisait régner la terreur.

Après cette victoire plus que symbolique, « les militaires nigérians sont arrivés sur le pont El Beid pour saluer les militaires camerounais et tchadiens »stationnés à Fotokol, côté Cameroun,  a indiqué un policier de la zone qui a requis l’anonymat. Depuis plusieurs mois, ces soldats y ont élu base arrière pour contrer Boko Haram.

La population « en liesse » 

« Les militaires nigérians ont dit aux nôtres ainsi qu’aux Tchadiens de ne plus s’inquiéter car Gamboru a été sécurisée. Ils ont fait des ratissages maison après maison », a-t-il précisé. Avant d’ajouter : « La population de Fotokol était en liesse ». « C’est avec soulagement que nous avons accueilli la nouvelle. Les gens sont soulagés jusqu’au Tchad », s’est réjoui un habitant de Fotokol, joint depuis Yaoundé.

Long de 500 mètres, le pont El Beid relie Gamboru à Fotokol  et est traversé par la frontière entre Cameroun et Nigeria. Il s’agit d’une voie de passage stratégique pour l’approvisionnement de plusieurs pays. Les camionneurs en provenance de la ville nigériane de Maiduguri (capitale de l’État de Borno, berceau de Boko Haram) et du Bénin transitent par ce pont pour rallier Kousseri, au Cameroun, et, plus au nord, N’Djamena.

Gamboru, futur fief de la force d’intervention régionale

Début février, l’armée tchadienne était partie de Fotokol pour lancer une offensive au Nigeria contre Boko Haram, prenant Gamboru contrôlée depuis des mois par les islamistes, après de durs combats. Le lendemain, les insurgés avaient lancé une sanglante contre-attaque sur Fotokol tuant 81 civils, 13 militaires tchadiens et six soldats camerounais, selon Yaoundé.

Ensuite, les Tchadiens s’étaient retirés de Gamboru à la demande d’Abuja, dont l’armée avait été incapable de tenir la ville, vite reprise par Boko Haram. Le reconquête de Gamboru devrait permettre l’installation dans cette ville stratégique de l’une des bases de la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), à laquelle doivent participer le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin.


Jeune Afrique

Vendredi 4 Septembre 2015 - 08:23



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