Boko Haram s'empare de Chibok, la ville des lycéennes enlevées

Le groupe islamiste Boko Haram a pris le contrôle de la ville nigériane de Chibok où ont été enlevées 276 lycéennes en avril, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Des habitants ont fui la ville et se cachent dans la brousse.



Des membres de Boko Haram dans une vidéo envoyée aux médias le 9 novembre. | AFP/HO
Des membres de Boko Haram dans une vidéo envoyée aux médias le 9 novembre. | AFP/HO

Le groupe islamiste Boko Haram s'est emparé de Chibok, la ville du nord-est duNigeria  où ont été enlevées plus de 200 lycéennes en avril, a-t-on appris, vendredi 14 novembre, de sources concordantes.

Selon le pasteur Enoch Mark, dont la fille et la nièce font partie des 219 lycéennes toujours aux mains des insurgés, et Ali Ndume, sénateur de la région, l'attaque de cette ville de l'État de Borno a eu lieu jeudi vers 16h (heure locale, 15h GMT). Tous les pylônes de télécommunications ont été détruits, ont-ils rapporté, et la population s'est enfuie dans la brousse.

Le sénateur Ndume a dit avoir reçu des appels d'habitants de Chibok en fuite, lui affirmant que la ville était maintenant sous le contrôle des islamistes. "Il n'y a plus de lignes téléphoniques à Chibok, c'est pour ça que ces nouvelles ont mis du temps à me parvenir", a-t-il expliqué.

Deux autres villes prises par Boko Haram le même jour

Lors de l'assaut de jeudi, il y a eu des échanges de tirs entre les islamistes et les soldats, soutenus par des milices locales, selon le pasteur Mark. "Certains d'entre nous ont réussi à fuir, tous les pylônes de télécommunications ont été détruits pendant l'attaque avec des roquettes", a-t-il expliqué.

La prise de Chibok semble avoir eu lieu peu après la prise de Hong et Gombi, deux villes de l'État voisin d'Adamawa, jeudi par Boko Haram.

Les combattants de Boko Haram  ont attaqué le lycée public pour filles de Chibok le 14 avril, y enlevant 276 lycéennes. Cinquante-sept d'entre elles ont réussi à s'enfuir le soir même ou dans les jours qui ont suivi. Ce rapt avait provoqué une vague d'indignation à travers le monde.

Les autorités nigérianes ont affirmé en octobre avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram, prévoyant la libération des otages de Chibok. Cependant, le chef du groupe armé, Abubakar Shekau, a démenti tout accord avec le gouvernement et a déclaré avoir mis à exécution sa menace de marier les otages.

Au Nigeria, l'insurrection islamiste a fait 10 000 morts en cinq ans.


France 24

Dimanche 16 Novembre 2014 - 11:21



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