Brésil 2014: Silva, un monstre qui a faim



Brésil 2014: Silva, un monstre qui a faim

Souvent qualifié de meilleur défenseur de la planète, Thiago Silva, le capitaine brésilien, surnommé le "monstre", a la mission de conduire le Brésil au titre mondial dans son pays.

Elégant, parfait à la relance, mais capable d'être dur sur l'homme, il a le niveau physique et technique de cette ambition, même si son palmarès est léger. "Je peux dire que je suis un champion, je suis un mec qui gagne", a déclaré Thiago Silva en commentant sa lutte de six mois, dont deux en isolement, contre la tuberculose, du temps où il jouait en Russie.

Il faudra en tout cas être un gagneur pour aller au bout avec la pression de 200 millions de Brésiliens sur les épaules et des secteurs de jeu où le Brésil semble moins bien armé qu'à l'habitude. Le "monstre", qui aura 30 ans en septembre, a mis longtemps à éclore, mais il a aujourd'hui la maturité, la sérénité et l'expérience des grands joueurs.

Après un début de carrière prometteur et son recrutement par Porto, il s'exile en Russie (2005) avant de revenir au Brésil pour relancer sa carrière à Fluminense puis de retraverser l'Atlantique pour l'AC Milan (2008). C'est là que son jeu a pris l'ampleur qu'on lui connaît aujourd'hui et ce n'est pas un hasard si le Paris SG l'a recruté à prix d'or pour son projet.

Le capitaine parisien et brésilien, qu'on compare souvent au "Kaiser" Franz Beckenbauer, est un leader. Prolongement de l'entraîneur sur le rectangle vert, tacticien hors pair, il parle plus sur le terrain que dans les medias. A Paris comme avec la Seleçao, il replace constamment ses coéquipiers en défense tout en orientant le jeu, comme le rappelle Fred, l'ancien Lyonnais placé à la pointe de l'attaque brésilienne.

'Avoir le dernier mot' 
Il a "le respect de ses pairs. Il sait commander un groupe et il est aussi un leader technique", a récemment assuré l'entraîneur brésilien Luiz Felipe Scolari, qui lui a logiquement confié le brassard de capitaine au sein d'une sélection où il fait l'unanimité. "Même à la maison, j'ai l'habitude d'avoir le dernier mot", a plaisanté l'intéressé.

Avec lui aux manettes, la défense est devenue l'un des points forts de la Seleçao, loin de l'image d'Epinal d'un Brésil au beau jeu offensif. Si on parle beaucoup de Neymar, l'équipe n'a ainsi encaissé que trois buts en cinq matches lors de la Coupe des Confédérations. Même constat au PSG, qui a remporté les deux derniers championnats de France avec chaque fois la meilleure défense (23 buts encaissés en 2012-2013 puis 2013-2014), alors qu'Ibrahimovic monopolise l'attention.

"L'attaque gagne les matches, la défense les championnats", dit le dicton. Thiago Silva a fixé un objectif clair à ses coéquipiers: "zéro" but encaissé pendant le Mondial. Il a reconnu avoir rêvé de soulever la Coupe au Maracana: "si je vous disais que je n'y ai pas pensé, je mentirais, bien sûr. On ne peut pas s'empêcher d'y penser, y compris parce qu'on a de bonnes chances, principalement parce qu'on joue à la maison, avec une équipe talentueuse".

Mais il est aussi vrai que Thiago Silva n'a pas de titres à revendre, son palmarès semblant peu épais pour un aspirant au titre suprême. Ainsi, il ne peut se targuer en Europe "que" de deux championnats de France et d'une Coupe de la Ligue en France et d'un scudetto en Italie. Cette année, le Paris SG a échoué en quarts de finale de la Ligue des champions. Un stade que Thiago Silva n'a pas dépassé avec l'AC Milan non plus.

Evangéliste très pratiquant, le joueur qui a passé l'après-midi de sa journée de repos de samedi à la messe, a tatoué sur le bras gauche une phrase en rapport avec la religion: "je ne suis pas le maître du monde mais le fils du maître". Dans un peu plus d'un mois, il saura si la phrase se rapporte aussi au football. 


Fifa

Mardi 10 Juin 2014 - 14:28