Bundesliga - Bayern : Décompression et confort : les deux ennemis que Guardiola devra vaincre

La deuxième saison de Pep Guardiola à la tête du Bayern ne sera pas de tout repos. Le Catalan devra faire au moins aussi bien mais avec une équipe dont une partie des cadres ont goûté au titre suprême cet été, au Brésil.



Pour Pep Guardiola, ça devient une habitude. Comme en 2010 avec Barcelone, l’Espagnol se retrouve à la tête d’une équipe dont une partie de ses membres, et pas les moindres, viennent de vivre le plus fol été de leur vie. A Rio, l’Allemagne a remporté la Coupe du monde avec sept joueurs du Bayern Munich en son sein (ndlr : six désormais avec le départ de Kroos). A Johannesburg, il y a quatre ans, quelques-uns des plus éminents Barcelonais s’étaient également posés sur le toit du monde. Avec, par la suite, toute la décompression post-Mondial que cela implique. Heureusement, Guardiola sait gérer ce type de situation. En 2013 aussi, il prenait les rênes d’un groupe victorieux, en autres, du championnat et de la Ligue des champions. Un an plus tard, le technicien est conscient des attentes : "Mon défi est de maintenir le même niveau que la saison passée avec cette équipe. Cela sera difficile car beaucoup de joueurs importants étaient au Mondial. C’est un énorme défi que je veux relever."

Une préparation mentale pour bien repartir

Là où une victoire finale en Ligue des champions avait été perçue comme une possible source de démobilisation, un succès en Coupe du monde parait nettement plus piégeux. Surtout si six éléments importants du Bayern, à savoir Manuel Neuer, Philipp Lahm, Jérôme Boateng, Bastian Schweinsteiger, Mario Götze et Thomas Müller sont concernés. Sans oublier Dante (Brésil), Arjen Robben (Pays-Bas) et Xherdan Shaqiri (Suisse) qui ont connu des fortunes diverses et ont été forcément marqués par l’aventure mondiale. Si le début de saison pourrait être compliqué en raison de l’état de forme inégal des uns et des autres, le gros du travail sera mental.

Pep Guardiola à l'entraînement avec le Bayern Munich
Pep Guardiola à l'entraînement avec le Bayern Munich - Imago

Heureusement, en Bundesliga, et ce depuis la révolution de Jürgen Klinsmann à la tête de la sélection nationale (2004-2006), chaque club dispose d’un préparateur mental. Guardiola a expérimenté cette méthode l’année dernière et elle semble lui convenir. De son côté, Karl-Heinz Rummenigge concède : "Pour les joueurs, ce n’est pas facile dans leur tête de recommencer à zéro après de courtes vacances. Mais heureusement nous avons un entraineur qui s'accommode tout à fait de cette situation".

Attention à la routine

Cela fait deux saisons que les trophées s’accumulent à vitesse grand V dans la vitrine du Bayern : Bundesliga (2013, 2014), Coupe d’Allemagne (2013, 2014), Supercoupe d’Europe (2013), Coupe du monde des clubs (2013), mais surtout la Ligue des champions (2013). La majorité de l’effectif pourrait ainsi être rassasiée ou sombrer dans la routine, un mal sur lequel Guardiola doit veiller. Aussi, la fin de saison dernière, bâclée, doit servir de leçon. A tout le monde.

Pour éviter cela, ses dirigeants ont apporté les retouches nécessaires à son effectif. Un moyen de rebattre certaines cartes et de faire jouer la concurrence : Robert Lewandowski (libre de Dortmund et désormais estimé à 44 millions d’euros) et le milieu défensif Sebastian Rode (libre de Francfort), deux transferts acquis depuis plusieurs mois. Un peu plus discrètement, le Bayern a également enrôlé le latéral gauche espagnol Juan Bernat (10 millions d’euros de Valence).

Robert Lewandowski avec le Bayern Munich lors de la Telekom Cup 2014
Robert Lewandowski avec le Bayern Munich lors de la Telekom Cup 2014 - AFP

Sortir les joueurs de leur confort grâce à la défense à trois ?

En attendant le retour des internationaux, l’effectif munichois est "clairsemé". Du coup, Guardiola ne peut pour le moment pas mettre en place sa défense à trois annoncée depuis plusieurs mois, celle qui pourrait permettre au technicien catalan de sortir ses joueurs du confort dans lequel ils pourraient s’installer, notamment en Bundesliga, en plus de rendre son équipe moins prévisible que par un passé récent.

D’ici là, le FCB avance. Lewandowski a déjà pris ses marques (quatre buts en trois matches amicaux) tout comme Bernat et Rode (titulaires contre Duisbourg, Mönchengladbach et Wolfsburg). Et ce ne sont pas les départs de Kroos et Mandzukic qui semblent inquiéter les doubles champions d’Allemagne en titre. "Nous avons battu de nombreux records et nous en avons déjà un en ligne de mire pour la prochaine saison, à savoir être bons comme jamais après une Coupe du monde", a déclaré Rummenigge, n’omettant toujours pas l’écueil éventuel constitué par le Mondial.

Que le président du Bayern ne s’inquiète pas outre-mesure : le Bayern peut compter sur Guardiola. Lors de la saison 2010-2011, il avait atteint ses objectifs avec le Barça en remportant la Supercoupe d’Espagne, le championnat et surtout la Ligue des champions. Les champions du monde espagnols de Barcelone avaient su rebondir. Ceux du Bayern auront une carotte supplémentaire : le 6 juin prochain, l’Olympiastadion de Berlin accueillera la finale de la C1. Une belle occasion pour les internationaux du Bayern de revenir dans la capitale allemande pour fêter cette fois-ci le sacre continental. Histoire de voir si la saveur est la même qu’après un titre mondial.

La saison 2010/2011 du FC Barcelone

Liga 1er avec 96 points (95 buts marqués, 21 encaissés)
Ligue des champions Victoire face à Manchester United (3-1)
Coupe d'Espagne Finaliste face au Real Madrid (défaite 1-0)
Supercoupe d'Espagne Défaite 3-1 face au FC Séville à l'aller (sans les internationaux espagnols), victoire 4-0 au retour

eurosport.fr

Jeudi 14 Août 2014 - 13:15



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