Burkina Faso : Un ex-conseiller de Blaise Compaoré inculpé dans l'affaire Thomas Sankara

Gabriel Tamini, un ancien conseiller aux affaires sociales du président déchu Blaise Compaoré, a été inculpé dans l’affaire du président Thomas Sankara, assassiné lors du coup d’Etat d’octobre 1987. M. Tamini, inculpé pour ‘’attentat’’ et ‘’complicité d’assassinat’’, a été placé sous mandat de dépôt selon une source judiciaire.



Burkina Faso : Un ex-conseiller de Blaise Compaoré inculpé dans l'affaire Thomas Sankara
Ancien membre du bureau politique du Conseil national de révolution (CNR), fondé par Thomas Sankara, M. Tamini avait dans une interview accordée à un média local en 2007, ‘’reconnu sa ‘’part de responsabilité dans cette situation’’, évoquant l’assassinat de Sankara.

‘’J’avais des difficultés avec Thomas Sankara et j’ai même été suspendu de la Radio par un Conseil des ministres en septembre. J’étais caché dans la ville car j’étais recherché. Le 15 octobre, j’ai été informé vers 16 heures qu’il y avait des coups de feu. Etant recherché, le premier réflexe a été pour moi de fuir mais je suis tout de même resté dans les environs de mon domicile. Quelques temps après, j’ai vu un véhicule arriver à toute allure. Je me suis dit qu’il n’y avait que deux possibilités : soit on venait me chercher pour de mauvais desseins, soit j’allais être tiré d’affaire. Lorsque le véhicule s’est immobilisé, j’ai vu qu’il y avait Salif Diallo à bord. J’ai compris que c’était un camp plutôt favorable. Sur les évènements à proprement parlé, je dois dire qu’ils sont intervenus à la surprise générale. A 16 heures, lorsque les coups de feu ont éclaté, les deux camps fuyaient de partout et se rencontraient dans les mêmes cachettes avant qu’il n’y ait vraiment une position claire.

J’ai donc embarqué dans le véhicule et on est parti retrouver les autres, Blaise Compaoré, Jean-Baptiste Boukari Lingani. Henri Zongo n’était pas là. Il avait semble-t-il fui quand il a entendu les coups de feu. C’est plus tard qu’on a appris qu’il était vers Tenkodogo. On lui a dit de rentrer à Pô d’où il a regagné Ouagadougou. C’est dans le stress et la surprise générale que nous avons vécu ces évènements. Les gens ont parlé plus tard de montage. Ce n’est pas vrai. Tout est arrivé ce jour-là à la surprise générale. C’est un problème qui est né entre les soldats. Je pense que les soldats d’un camp ont su qu’il y avait un coup qui se préparait à 20 heures parce qu’on a cherché à recruter un de leurs éléments. Quand ils s’en sont rendu compte, ils ont décidé de passer à l’attaque en ne prenant pas le risque d’informer leurs chefs qui allaient leur dire d’arrêter. C’est après coup qu’ils ont informé leurs chefs. Moi c’est ce que je sais. Et je le dis en tant que croyant d’autant plus que j’étais témoin de la surprise générale manifestée par tout le monde ce jour-là. Le 15 octobre à 16 heures, c’est exactement ce qui s’est passé’’, relatait-il en substances.

Le président déchu Blaise Comaporé, a lui également été inculpé dans cette affaire, accusé d’’’attentat’’, ‘’complicité d’assassinat’’ et ‘’recel de cadavre’’. Une dizaine d’autres personnes, dont le général Gilbert Diendéré, auteur du putsch manqué de septembre, ont également été inculpé dans cette affaire.
Soure: koaci.com

Dior Niang

Mercredi 23 Décembre 2015 - 10:31



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