Burkina Faso : une révolution à plusieurs analyses



Burkina Faso : une révolution à plusieurs analyses

Le peuple burkinabé a  démontré au monde qu'il est le seul dépositaire de la souveraineté. L’esprit de cette révolution ne doit nullement être torpillé. La démission forcée du président Compaoré à la tête du pays des hommes intègres après 27 ans de pouvoir nous inspire plusieurs analyses. 


Un vide institutionnel inédit

La situation institutionnelle actuelle du Burkina mérite bien réflexion. Il manque apparemment une offre légale pour assurer la transition. La démission du président Compaoré précédée par la dissolution de l’Assemblée nationale fait que le Président de l’institution parlementaire ne peut plus légalement assurer la transition si le Conseil constitutionnel constatait la vacance du pouvoir. Le Premier ministre pouvait assurer la transition, mais à l’image de l’Assemblée nationale, le Gouvernement est aussi dissout.


Pire,  la Constitution qui devrait tout organiser est suspendue. Et au cas où la Constitution est restaurée, la transition ne saurait être légalement assurée par les personnalités suscitées pour des raisons précédemment expliquées. Dès lors, il nous semble que le Burkina Faso connait un vide institutionnel provoqué et inédit. Le phénomène sociologique/politique ayant précédé le droit, l’ingénierie constitutionnelle africaine doit inventer de nouveaux mécanismes afin de parer à de telle situation à l’avenir.   


Situation exceptionnelle, solution exceptionnelle, dit-on. La solution qui s’impose, à notre avis, est de s’inspirer, en partie, des conférences nationales des années 1990 en mettant en place un organe de transition civile représentatif de l'ensemble des forces vives de la nation burkinabé et dirigé par un personnage consensuel qui ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.


Un avertissement aux Présidents dictateurs 

La révolution burkinabé risque d’avoir un réel impact sur la suite des événements dans des Etats tels que le Congo Brazzaville, la RD Congo, le Rwanda et le Burundi où les Présidents desdits pays, frappés par la limitation du nombre de mandats, sont « habités » par la volonté de faire sauter le verrouillage constitutionnel. Les syndromes sénégalais (23 juin 2011) et burkinabé (31 octobre 2014) pourraient bien toucher les populations de ces pays. « Pour faire de la politique, il faut être friand d’histoires et de prospectives » dixit Général de Gaulle.  


2ème round Thomas contre Blaise?

27 ans après son assassinat par son "ami intime", la révolution burkinabé contre la modification de l'article 37 de la Constitution sonne comme une revanche de Thomas Sankara contre Blaise Compaoré. "La patrie ou la mort, nous vaincrons", "Politiciens véreux, à bas", entre autres slogans très chers au capitaine Sankara étaient scandés par la foule pour dire NON à la modification constitutionnelle déconsolidante. Après sa mort, Thomas était accusé d'enrichissement illicite et une opération d'effacer son passage au pouvoir dans la conscience collective des Burkinabé était lancée.


Aujourd'hui des jeunes qui ne l'ont connu que de réputation (60% des Burkinabé ont moins de 25 ans)  "épousent" ses convictions. Plus d'un quart de siècle après, Thomas continue de hanter le sommeil de son "ami" Blaise. Ah oui, le capitaine Président avait bien raison « On peut tuer un homme, mais pas ses idées ».
God bless the people of Burkina
Long live african democraty
 


Adama SADIO ADO

Mardi 4 Novembre 2014 - 15:46



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