Burkina Faso: vers la réouverture du dossier sur la mort de Zongo?

Le procureur général a été saisi pour la réouverture du dossier Norbert Zongo. L'annonce a été faite par la ministre de la Justice Joséphine Ouédraogo lors du conseil des ministres ce mardi 23 décembre. Avec le dossier Thomas Sankara, c'est l'une des principales revendications des Burkinabè. Norbert Zongo avait été assassiné en 1998 alors qu'il enquêtait sur la mort du chauffeur du frère du président déchu, François Compaoré.

En 2006, la justice avait déclaré un non-lieu et depuis, sa famille ne cessait de demander justice. Le 13 décembre dernier, lors du 16e anniversaire de sa mort, des milliers de Burkinabè avaient exigé la réouverture du dossier.



Un manifestant burkinabè présent à la cérémonie du souvenir de Norbert Zongo, le 13 décembre 2014, à Ouagadougou. Yaya Boudani / RFI
Un manifestant burkinabè présent à la cérémonie du souvenir de Norbert Zongo, le 13 décembre 2014, à Ouagadougou. Yaya Boudani / RFI

C’était il y a 10 jours, date de la commémoration de la mort de Norbert Zongo. Des milliers de Burkinabè étaient descendus dans les rues, scandant des slogans pour exiger la réouverture du dossier d’enquête du célèbre journaliste, disparu le 13 décembre 1998. Des membres de la transition dont le Premier ministre Isaac Zida avaient également pris part à cette manifestation populaire.

Poussé par la foule, l'officier supérieur de l'armée burkinabè avait affirmé avoir entendu le message « très clair » : « Le peuple veut la justice, alors justice sera rendue au camarade Norbert Zongo et sera rendue à tous ceux qui sont tombés sur les balles assassines du président Blaise Compaoré ».

Dix jours plus tard, la promesse semble être en passe d'être tenue avec l’annonce faite en Conseil des ministres par la ministre de la Justice, Joséphine Ouédraogo. La justice burkinabè avait rendu un non-lieu sur ce dossier en 2006 au grand dam de la famille du journaliste qui avait porté l'affaire devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.

En début d’année, cette dernière, basée à Arusha, avait dénoncé une série de carences dans l’examen du dossier Zongo, notamment l'audition tardive des parties civiles. Faudra-t-il approfondir les enquêtes ? Pour le représentant de la famille, Victor Zongo, il ne faisait aucun doute, le 13 décembre dernier, que Blaise Compaoré et son frère cadet François, tous deux en exil, devaient figurer sur la liste des suspects.


Rfi.fr

Mercredi 24 Décembre 2014 - 10:21



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