Burkina: comment la France a aidé Blaise Compaoré à fuir

Le président français François Hollande l'a confirmé mardi : la France a fait en sorte que le président Blaise Compaoré soit évacué vers la Côte d'Ivoire, après l'insurrection populaire de la semaine dernière. La France a joué un rôle, ce sont des mots un peu vagues. On en sait un peu plus désormais sur cette contribution de la France à l’exfiltration de Blaise Compaoré.



Blaise Compaoré (D) accueilli à l’Elysée par François Hollande, le 18 septembre 2012. Photo AFP / Bertrand Langlois
Blaise Compaoré (D) accueilli à l’Elysée par François Hollande, le 18 septembre 2012. Photo AFP / Bertrand Langlois

Après recoupement, la France est bien venue au secours de Blaise Compaoré pour une exfiltration en deux étapes. Blaise Compaoré était en route pour Pô, une ville située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Ghana et garnison historique du régiment de parachutistes - c’est sa garnison d’origine -, et l’Etat burkinabè y a installé une résidence présidentielle. Mais très vite, le président en fuite se rend compte que c’était un mauvais choix. Car à partir de Pô, il était difficile de traverser le Ghana pour gagner la Côte d’Ivoire dans la discrétion. Son convoi comportait près de 30 véhicules.

Et c’est là que la France intervient.  Des détachements de forces spéciales françaises sont à Ouagadougou. Il y avait déjà un contact continu entre la France et Blaise Compaoré ou son chef d’état-major particulier Gilbert Diendéré. Compaoré est d’abord acheminé par hélicoptère vers Fada N’Gourma, dans l'est du Burkina Faso, qui dispose d’un aérodrome ; et dans un deuxième temps, vers Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, sans doute par avion.

La France avait prévenu l’opposition

Pour l’heure, les partis d’opposition n’en veulent pas à François Hollande, car Blaise Compaoré a été exfiltré pour des raisons humanitaires. Selon nos sources, la France a pris le soin de prévenir les leaders de l’opposition de cette opération d’exfiltration,  et ils ne s’y sont pas du tout opposés à ce scénario qui, d’une part, avait pour objectif de préserver l’intégrité physique de Blaise Compaoré, mais surtout de préserver la paix civile.

Ce mercredi, des chefs d’Etat africains sont dans la capitale  pour aider à mettre sur pied un schéma de sortie de crise. On serait sans doute dans une tout autre configuration si le président avait été tué. En revanche, des zones d’ombre subsistent. Le président français a dit qu’il y avait eu des attaques et des réponses. Y a-t-il eu des blessés, des morts ? Les échanges de tirs ont-ils impliqué des militaires burkinabè, des civils ? Pour l’heure, on l’ignore.

Un vieil et fidèle allié de Paris

En tout cas, c’est une exfiltration qu’il faut remettre dans le contexte des liens entre la France et le président Blaise Compaoré. Les relations des deux dernières années entre les deux se sont illustrées dans la lutte contre le terrorisme et les groupes armés jihadistes. Des forces spéciales françaises sont à Ouagadougou. Géographiquement, cela fait sens en raison de la proximité géographique avec la ville de Gao au Mali. La France a aussi salué la médiation du Burkina Faso avec les groupes armés du nord du Mali. Elle a permis aux électeurs maliens de Kidal de voter lors de la présidentielle de 2013, grâce aux accords de Ouagadougou signés en juin 2013. Cette médiation a aussi donné une dynamique au dialogue avec les groupes armés du nord du Mali, dialogue qui se poursuit désormais à Alger. 


Rfi.fr

Jeudi 6 Novembre 2014 - 10:14




1.Posté par coollapin le 06/11/2014 10:31
je suis français et j'ai honte de voir que nos porcs de politicards continuent de protéger les intérêts des pilleurs d'Afrique.Ce n'est pas la France ni les français,mais les institutions élitistes cautionnant une république bananière.

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