Burkina: la Céni veut un scrutin transparent et une campagne apaisée

Pour assurer une transparence dans la collecte et la transmission des résultats du scrutin, la Commission électorale nationale a mis en place un système de transmission par satellite. Plus 360 centres de compilation communale des résultats (CCCR) seront équipées de kits de traitement des données. Ce système a été présenté samedi 7 novembre aux différents candidats avant le début de la campagne électorale ce dimanche. Une campagne que le président de la Céni veut empreinte de «courtoisie» et de «fraternité».



Nouroudine Tall, directeur de l'informatique et du fichier électoral, indique qu'avec ce système de transmission des données, personne ne pourra manipuler les résultats sortis des urnes et consignés sur les procès verbaux. Aucune des trois personnes – le coordonnateur, l'administrateur et l'opérateur de saisie – ayant accès au système ne pourra effectuer de correction, assure-t-il.

« C’est seulement les enveloppes scellées de la commune qui vont arriver dans le centre en question. Et ces enveloppes seront ouvertes devant le public. La saisie est faite et elle est vérifiée avec le procès verbal initial avant qu’on considère que ce résultat là est bon. Et ensuite il est crypté pour être envoyé au siège de la Céni. Donc il n’y a pas de manipulation possible entre le CCCR [centre communal de compilation des résultats] et le siège de la Céni », garantit Nouroudine Tall.

Apres les démonstrations techniques, Tahirou Barry, président du Parti pour la renaissance nationale et candidat à la présidentielle  se dit rassuré par le système. « Je pense que c’est un projet qui participe à la transparence et la crédibilité du scrutin. Pour l’heure, je n’ai aucun doute. J’ai confiance en l’équipe de la Céni. »

Les machines peuvent être fiables, encore faut-il des opérateurs honnêtes pour les manipuler, lance Benewendé Sankara, un autre candidat à la présidentielle. « Vous savez bien qu’il y a les machines et qu’il y a les hommes. Nous ne cesserons d’insister sur la responsabilité de tous les acteurs qui prennent part à ce processus. »

 
 

Avec son système de collecte et transmission des données électorales, la Céni espère publier les résultats provisoires dès le lendemain du scrutin, a déclaré samedi son président Maître Barthélémy Kéré.

« Ne laisser aucune place au risque d'échec »

Mais en attendant le vote du 29 novembre,qui doit marquer l'achèvement de la période de transition, les 14 candidats en lice vont devoir partir à la conquête de près de 5,5 millions électeurs inscrits sur le fichier électoral. Et aucun d'entre eux n'a déjà occupé le poste de président du Burkina Faso ce qui fait dire aux analystes que ce sont là les élections les plus ouvertes jamais organisées dans le pays.

Alors que la campagne électorale débute ce dimanche, le président de la Céni, Maître Barthélémy Kéré, en a profité, dans un message, pour appeler tous les acteurs à cultiver l'esprit de fraternité, de tolérance et de respect.

« Les élections du 29 novembre 2015  qui doivent marquer la fin de la transition et consacrer le retour de notre pays à une vie constitutionnelle normale constituent un défi majeur pour notre pays. Les enjeux nous paraissent si énormes, sur le plan national et international, que nous devons tout mettre en œuvre pour ne laisser aucune place au risque d’échec. Cette période doit être abordée avec courtoisie, fraternité et fairplay. C’est pourquoi j’en appelle à la raison et la responsabilité de tous les acteurs pour que la campagne qui s’ouvre ne constitue pas un moment de spectacles désobligeants, une tribune de pugilats verbaux, encore moins une espace de prolifération de la violence sous toutes ses formes. »

Assurer la sécurité du scrutin

Le président de la Céni a également souligné l'importance de l'aspect sécuritaire dans ces élections. « Aux forces de défense et de sécurité, je les invite à rester vigilantes. Afin d’offrir aux acteurs un espace de campagne et de vote sécurisé, car le défi sécuritaire est l’une des priorités du processus électoral. »

Ces élections se tiennent dans un contexte marqué par les suites du putsch manqué de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle et de l’attaque d’un poste de gendarmerie  il y a juste un mois. Pour sécuriser le processus, tout le dispositif de surveillance et de protection des populations et des frontières du Burkina Faso a été renforcé.

Le ministère de la Sécurité a mis à la disposition de tous les candidats une garde rapprochée permanente, et pour la sécurisation de l’ensemble du processus électoral, un peu plus de 25 000 éléments des forces de défense et de sécurité ont été mobilisés.

Source : Rfi.fr



Dimanche 8 Novembre 2015 - 09:58



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