Burundi, Côte d'Ivoire, Gabon: une rentrée scolaire entre bouleversements et débrouille

Finies, les vacances. Un peu partout, sur le continent, les élèves reprennent le chemin des classes. Au Burundi, la rentrée s'annonce agitée, avec l'introduction d'une nouvelle réforme ambitieuse. En Côte d'Ivoire, les inquiétudes concernent surtout le coût de la rentrée, auquel certaines familles n'arrivent pas à faire face. Quand aux jeunes Gabonaises, à une semaine de leur rentrée, elles sont confrontées à des préoccupations capilaires quasi-existentielles...



Rentrée scolaire dans le quartier de Koumassi à Abidjan AFP/ Sia Kambou
Rentrée scolaire dans le quartier de Koumassi à Abidjan AFP/ Sia Kambou
Au Burundi, c’est la rentrée de classe ce lundi 16 septembre. Cette année, tout le monde se focalise sur l’introduction de l’école fondamentale qui va faire passer l’école primaire de six ans à neuf ans, avec pour objectif d’aligner le Burundi sur ses voisins, alors que le concours d’entrée au secondaire était jusqu'ici un véritable goulot d’étranglement. La réforme prévoit encore de les préparer à entrer dans la vie active bien outillés, en introduisant de nouvelles matières telles que l'entrepreneuriat.
Les syndicats des enseignants, les associations de parents d’élèves sont très inquiets de la précipitation qui a caractérisé selon eux l’introduction de l’école fondamentale au Burundi, dès cette année. « Même l’administration a déjà souligné (un) problème de manque de pupitres, de manque de matériels didactiques, s'alarme Dieudonné Ngendakuriyo, président de l’Association pour le développement familial. Et les professeurs qui sont concernés ont subi une formation d’une semaine. Vous comprenez que ce sera la catastrophe ».
Le gouvernement burundais tente de rassurer, à l'image de la ministre burundaise de l’Enseignement primaire et secondaire, Rose Gahuru, qui pense que si l' « on parvient à organiser correctement cette formation, il devrait y avoir un niveau plus élevé parce qu’on a supprimé tout ce qui est secondaire et on s’est consacré sur l’essentiel ». Beaucoup demeurent cependant méfiants, échaudés par l'échec d'une réforme qui avait vu l’introduction de l’anglais et du swahili à l’école primaire.
Fournitures et frais d'inscription
Dans d'autres pays, la rentrée soulève d'autres inquiétudes dans la population. En Côte d'Ivoire, pour des centaines de milliers d'écoliers, l'heure est en effet également venue de retrouver les bancs des salles de classe.
Les inscriptions en ligne dans les établissements scolaires ont duré les deux mois de vacances, mais certaines familles n'arrivent pas à faire face financièrement au coût des fournitures et des uniformes, voire, pour certaines, aux frais d'incription.
A Abobo, à quelques heures de la rentrée, certains élèves sont dépourvus de matériel, d'autres ne pourront tout simplement peut-être pas entrer en classe. Dans la famille Kouakou Yao, la rentrée se passe donc entre fébrilité et inquiétude (écoutez le reportage ci-contre).
« Obama fashion » au Gabon
Au Gabon, la rentrée scolaire est prévue pour le lundi 23 septembre, et les préoccupations sont toutes autres pour les jeunes filles, qui profitent des derniers moments de liberté pour adopter les coiffures à la mode, comme l'« Obama fashion ».
Car passée cette date fatidique, plus question d'excentricités. Les chevelures devront retrouver une allure plus stricte. Car dans les lycées et collèges, ces coiffures ne sont pas tolérées, soupçonnées entre autres « d'appâter les professeurs ». Sur le marché Mont-Bouët, le plus grand de Libreville, les coiffeuses prodiguent donc leurs derniers soins capilaires, et se lamentent déjà de perdre leur clientèle.

Source : Rfi.fr
 

Dépéche

Lundi 16 Septembre 2013 - 11:40



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