Burundi: la médiation échoue à établir un accord avant les élections

Au Burundi, c’est la fin de la campagne pour les législatives et les communales. Et malgré l’appel du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à reporter les élections, tout laisse penser que les deux scrutins auront bien lieu ce lundi, dans un climat de tensions où chacun campe sur ses positions.



Un soldat lors d'un meeting électoral du président Pierre Nkurunziza, le 26 juin 2015. AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE
Un soldat lors d'un meeting électoral du président Pierre Nkurunziza, le 26 juin 2015. AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE

Dans un communiqué, le groupe de médiateurs mis sur pied par l’Union africaine et ses partenaires explique avoir poussé pour unreport de toutes les élections  au 30 juillet, et ce afin de mettre en place des conditions propices pour des élections crédibles. Mais cette proposition reste lettre morte, puisqu'aucun accord n'a été trouvé sur cette base, constate la médiation internationale.

Le parti au pouvoir et ses alliés n’avaient pas participé à ces discussions, même si le gouvernement y a pris part une fois, notent les médiateurs. Et les différentes parties n’ont pas réussi à se mettre d’accord, dit simplement ce communiqué. Il est très clair que le camp présidentiel n’a jamais eu l’intention d’accepter ce report, expliquant qu’on risquait de sortir du cadre constitutionnel.

L'opposition boycotte les élections

L’opposition, elle, a officiellement annoncé à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qu’elle ne participerait pas à cesscrutins , parce que les conditions nécessaires ne sont pas réunies. C’est aussi le constat des organisations de la société civile réunies au sein de la campagne « Halte au troisième mandat ». Ces organisations demandent aujourd’hui au peuple burundais de « boycotter ce simulacre d’élections ».

 

La Belgique a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne reconnaîtra pas les institutions issues de ces élections et de la présidentielle du 15 juillet. L'Union européenne menace également de sanctions, mais rien à faire là aussi. Le président Pierre Nkurunziza reste déterminé à organiser ces élections comme prévu et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Ces détracteurs dénoncent « une fuite en avant » dans ce pays qui vit depuis deux mois au rythme d'une crise qui ne cesse de gagner en intensité. L'équipe de la facilitation s'est donc résolue à mettre fin aux discussions en appelant à la poursuite du dialogue. 

 

 

Signe de cette tension sur le terrain, le dernier meeting de campagne de l’Uprona, reconnu par le gouvernement, a été perturbé. Ce parti souhaitait se rendre à son siège de Nyakabiga, l’un des quartiers phares de la contestation. « C’est de la provocation », se sont indignés les jeunes qui ont immédiatement érigé des barricades. « Ils sont vendus au parti au pouvoir, ils ne devraient pas faire campagne quand l’opposition en est empêchée », argumentaient-ils. Pour le secrétaire général de l’Uprona légal, la situation est tout autre. « Il y a ceux qui érigent des barricades et lancent des grenades et ceux qui cherchent à gagner des voix et veulent respecter le cadre constitutionnel », explique Gaston Sindimwo.


Rfi.fr

Samedi 27 Juin 2015 - 15:49



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