Burundi: la mobilisation faiblit à Bujumbura

Au Burundi, le pouvoir a tout mis en œuvre pour mettre fin aux manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qui durent depuis une quarantaine de jours. Et malgré ce que les observateurs qualifient de brutalité des policiers, ceux-ci n'utilisent plus de matériel anti-émeute, mais des armes de guerre. Des manifestants font toujours face même si le mouvement s'est effrité au fil des derniers jours. Reportage.



Deux fonctionnaires quittent Nyakabiga pour la première fois. C'est l’un des quartiers de Bujumbura à la pointe du combat contre un troisième mandat du président Nkurunziza. Ils se veulent lucides et reconnaissent que depuis quelques jours, la mobilisation s’affaiblit, notamment à cause du changement de stratégie de la police burundaise, qui quadrille désormais les quartiers frondeurs 24 heures sur 24. « Il y a des policiers. Ils ferment les petites rues qui mènent dans les quartiers. Ils [sont là] pour intimider».
 
Même sentiment dans le quartier de Musaga, un bastion de l’opposition, dans le sud de la capitale. Un jeune « taxi-vélo » reconnaît que les nouvelles méthodes de la police sont en train de payer. « Certains sont morts, d'autres sont blessés et d'autres encore en prison. C'est pour cela que le nombre de manifestants continue de diminuer car lorsqu'une personne armée te tire dessus alors que tu es désarmé, tu as nécessairement peur. C'est vrai, le nombre de manifestants a diminué, mais si nous restons à deux dans la rue, nous allons poursuivre la lutte jusqu'à ce que le président renonce à ce nouveau mandat ». Depuis le début des manifestations il y a un peu plus d’un mois, une quarantaine de manifestants ont été tués et plus de 500 blessés alors que des centaines d’autres croupissent en prison.

 
Mais il n'y a pas que ce facteur qui explique l'effritement du mouvement de contestation. A Bujumbura, la grande majorité des habitants doivent travailler chaque jour pour gagner leur vie. Après un mois de sacrifices, certains n’en peuvent plus et sont retournés au travail. « Ces gens de la ville vivent au jour le jour. Ils sont obligés d’aller au travail parce qu’ils doivent manger, ils doivent vivre». 

Rfi.fr

Vendredi 5 Juin 2015 - 11:04



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