Burundi: le Cnared n’ira pas en Tanzanie pour la reprise du dialogue

La médiation va-t-elle arriver à organiser cette fois une session du dialogue interburundais, pour tenter de sortir le Burundi de la crise ? C'est la question qui est posée depuis que tous les partis membres du Cnared, qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition en exil et celle restée au pays, a annoncé qu'elle allait boycotter la nouvelle session prévue du 21 au 24 mai, à Arusha en Tanzanie, parce qu'elle n'a pas été invitée en tant que telle.



Dans un premier temps, la facilitation semblait avoir trouvé la formule magique qui allait lui permettre de contourner le refus du gouvernement burundais de discuter avec le Cnared. Après une rencontre avec l'ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa, les leaders de cette plate-forme qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition burundaise avaient annoncé que la médiation projetait d'inviter les parties à tour de rôle, d'abord le gouvernement et ses alliés, puis le Cnared, avant de tenter d'organiser une plénière.
Ce mercredi, à trois jours à peine de la date prévue pour la reprise d'un dialogue au point mort depuis des mois, c'est la douche froide. Le Cnared s'est rendu compte que l'équipe de la facilitation avait finalement opté pour une formule qui l'excluait, seuls sont invités le gouvernement, ses alliés et certains partis membres de cette coalition d'opposition. La réaction a été immédiate, « les partis membres du Cnared ont déjà annoncé au facilitateur qu'ils n'iront pas à Arusha samedi, à l'exception d'un seul parti », martèle son porte-parole, Pancrae Cimpaye.
Le gouvernement sera représenté cette fois, selon la présidence. Des diplomates de l'Union africaine et de l'ONU, censés épauler l'équipe de la médiation assuraient hier qu'à ce stade, ils ne connaissaient encore ni les invités ni le programme. Ils parlent d'« impréparation » et regrettent que l'organisation de ce rendez-vous crucial soit laissée aux soins du secrétariat exécutif de l'East African Community dirigé par un Burundais, accusé d'être proche du pouvoir.
« C’est une tentative de division, d’exclusion du Cnared. Derrière cette démarche nous percevons la main du secrétaire de l’East African Community qui se trouve être presque le patron de la médiation, estime Pancrae Cimpaye. Or, monsieur Mfumukeko Libérat a été nommé le 5 mai ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Burundi. C’est pour vous dire que c’est tout à fait normal qu’il tente de détruire la coalition. (…) Monsieur Mfumukeko Libérat est devenu une épine dans la réalisation de ce dialogue interburundais. Il doit être mis de côté sinon le processus va capoter. »
Ce n'est pas la première fois que le profil du secrétaire général de l'EAC pose problème dans cette crise. Le précédent, Richard Sezibar, était lui dans le collimateur du gouvernement burundais qui l'accusait, à cause de ses origines rwandaises, d'agir pour le compte de Kigali. En octobre dernier il s'était même vu sèchement refuser l'accès au Sénat ou pourtant devait se tenir une réunion cruciale, censée elle aussi relancer le dialogue interburundais.

source:rfi.fr

Aminata Diouf stagiaire

Vendredi 20 Mai 2016 - 08:04



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