Burundi : une nouvelle trêve

Les anti-Nkurunziza veulent donner l’occasion à la population de faire des provisions et donner une chance au dialogue en cours sous les auspices de la mission électorale des Nations unies au Burundi.



Une rue de Bujumbura, la capitale burundaise (photo d'archives).
Une rue de Bujumbura, la capitale burundaise (photo d'archives).

Selon la correspondante de BBC Afrique, les résidents de la capitale burundaise, Bujumbura, dont le mouvement est limité pendant les jours de la semaine, en profitent pour faire des stocks. Mais l’argent est venu à manquer après presque un mois d’inactivité.

Les résidents de Bujumbura poussent un ouf de soulagement, grâce à cette nouvelle trêve survenue après une semaine de manifestations ininterrompues.

"Voir s’ils sont encore en vie"

Les rues de Bujumbura ont ainsi retrouvé les embouteillages des jours ordinaires. Les banques et commerces sont de nouveau ouverts.

C’est l’occasion aussi pour certains d’aller visiter les familles vivant surtout dans des quartiers non accessibles en semaine.

"Nous pouvons sortir de la maison pour voir ce qui se passe à l’extérieur. Il y a des choses qu’on entend à la radio ou par ouï-dire. Si on sort, on se rend compte de la réalité. Les gens qui vivent dans des quartiers où ils ne peuvent pas sortir ont la possibilité d’aller visiter les autres aujourd’hui et voir s’ils sont encore en vie", a réagi une habitante de Bujumbura.

Pour les ménagères, la trêve est l’occasion de faire des provisions.

"Une journée perdue"

Mais l’attaque à la grenade de ce vendredi a ralenti le commerce des fruits et légumes. Le marché des fruits et légumes, appelé "le grenier", n’a pas reçu la visite de beaucoup de clients, ce samedi.

Une marchande de tomates, qui vend habituellement 20 kilos par jour, les samedis et les dimanches, n’avait vendu à la mi-journée qu’un kilo et demi. "C’est une journée perdue", affirme-t-elle.

Dans le quartier de Cibitoke, en proie à de fréquentes confrontations entre les manifestants et la police, un boutiquer résume la situation en ces termes : "Aujourd’hui, nous sommes sortis de la cage. Nous profitons de cette occasion pour ouvrir les portes. Mais nous n’avons pas d’argent."

Depuis le 26 avril, les quartiers de Bujumbura vivent au rythme des manifestations contre la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel. Les activités tournent au ralenti, car beaucoup de travailleurs restent chez eux.


BBC Afrique

Dimanche 24 Mai 2015 - 07:51



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