CAN 2012 - Gerets et le Maroc '"dos au mur"

Après sa défaite face à la Tunisie, le Maroc d'Eric Gerets a besoin d'une victoire contre le Gabon (20h00) à Libreville, pour ne pas voir ses rêves de titre s'envoler.



Qu'il est loin le temps où Eric Gerets était autant adulé par les supporters de l'OM (2007-2009) que respecté par la presse française. Aujourd'hui, le quotidien de l'entraîneur belge est beaucoup plus conflictuel. Sélectionneur du Maroc depuis 2010, il doit notamment faire face à de nouvelles contraintes, comme les critiques incessantes d'anciennes gloires nationales ou celles encore plus acerbes des médias locaux. Une situation qui ne s'est pas améliorée après la défaite de son équipe en ouverture de la CAN contre la Tunisie (1-2), lundi dernier. Face au Gabon, c'est tout simplement sa tête et sa réputation qu'il jouera sur un match déjà couperet. Difficile de se préparer sereinement dans ces conditions. «Crispé ? Je ne crois pas mais j'ai quelques soucis, c'est compréhensible, a-t-il lâché jeudi devant une foule de micros. Je ne suis pas plus tendu que d'habitude.

Un peu plus d'adrénaline et de responsabilités... J'ai quelques années dans le métier, je parviens à gérer ces choses-là».

«C'est normal d'être tendu. C'est le tournoi le plus important de ma vie d'entraîneur. C'est le premier, j'espère pas le dernier.»Pourtant, le technicien expérimenté a semble-t-il peiné à garder son calme face aux questions insistantes. "Comment vous sentez-vous ?", lui a-t-on demandé dans l'assistance. «Fantastique, a-t-il répondu du tac au tac, avec ironie. On est bien : on a zéro point, on a toutes les raisons au monde de se sentir à l'aise ! C'est normal d'être tendu. C'est le tournoi le plus important de ma vie d'entraîneur. C'est le premier, j'espère pas le dernier. On est venu avec de grandes ambitions. Il y a des choses qui manquent pour être là où on veut aller». A commencer par une première victoire, qui pourrait tout changer. Largement dominateurs mais pas récompensés pour leur entrée dans le tournoi, les Lions de l'Atlas savent ce qu'il leur reste à faire pour ne pas quitter la compétition tête basse. «Le groupe est vraiment motivé, a assuré le capitaine Houssine Kharja, car nous voulons faire honneur au public marocain qui attend beaucoup de notre part et nous ne voulons pas le décevoir».

«Prendre certains risques sans se suicider»

Problème supplémentaire et pas des moindres, vendredi, c'est un pays entier face auquel les Marocains seront opposés, dans un stade de Libreville qui sera entièrement acquis à la cause des Panthères. Mais pas question pour autant de se cacher derrière l'adversaire ou le contexte. «On sait que nous sommes dos au mur, a assuré Gerets. On a besoin de gagner, donc de prendre certains risques sans se suicider non plus. Ce sera aussi dur que contre la Tunisie, a-t-il prévenu, avant de dévoiler quelques secrets : il faudra jouer le jeu qui nous a rendu forts ces derniers mois, un jeu rapide, fait de combinaisons avec un ballon qui circule vite». Sans doute privé d'Assaïdi, mais avec Chamakh, remis d'un problème gastrique, le Maroc «donnera le meilleur (de lui-même) pour ne pas rentrer à la maison» plus tôt que prévu, comme le Sénégal. Et pour ne pas subir un affront qui ferait tâche sur un CV, celui de Gerets pour ne pas le citer. - H.S. (Avec AFP)


Vendredi 27 Janvier 2012 - 16:54



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