CAN 2012 - Me Augustin Senghor Président FSF: "Notre équipe traine des lacunes objectives"



CAN 2012 - Me Augustin Senghor Président FSF: "Notre équipe traine des lacunes objectives"
ENVOYE SPECIAL - Cette élimination est le schéma que nous attendions le moins. Nous savons qu’il y a une grosse déception de la part de l’opinion publique nationale mais aussi internationale où on nous prenait comme des supers favoris de cette compétition.

Nous aussi avions des attentes et des objectifs qui étaient d’atteindre les demi-finales. Parce que même si nous sommes des outsiders, nous sommes des outsiders redoutables.

A fortiori, nous n’avons pas répondu aux attentes. Après deux matches sanctionnés par deux défaites, on ne peut plus prétendre qu’à un titre d’outsider. D’autant que nous ne pourrons jamais rencontrer les équipes favorites pour leur montrer, ce dont, nous sommes capables. Comme on dit en wolof : «mbala nga né naam, nga néfa».

"Nous n’avons pas été bon, ça a été un échec"

La réalité dans cette Can, c’est que nous n’avons pas été bons. Nous sommes la première sélection à être éliminée, parce que notre prestation n’a pas été à la hauteur. C’est pourquoi, je dois avouer que par rapport à notre objectif, ça a été un échec.

Au soir de la défaite contre la Zambie, j’avais dit que nous allions nous relancer. Mais, la vraie déception, c’est de ne pas pouvoir sortir de cette poule qui était largement à notre portée.

"Notre équipe traine des lacunes objectives"

Ce qui prouve que notre équipe traîne des lacunes objectives. Les faits le confirment. Le fait de battre une grande équipe comme le Cameroun, ne suffit pas pour être une grande sélection.

Mais, le plus désolant, c’est que ça devient une répétition. Tantôt, nous ne sommes pas là (Can 2010, Ndlr). Tantôt, nous sommes là mais le résultat ne suit pas. Les échecs se suivent (Can 2008 et 2012).

"Ce n’est qu’un visage conjoncturel et non une image réelle"

Notre objectif n’était pas de remporter le trophée, mais est ce que nous ne nous sommes pas vus trop beaux ? Dans tous les cas, la réalité du terrain nous a rattrapée. Nous avons failli par rapport aux attentes des Sénégalais, par rapport à notre objectif.

Toutefois, cette Can n’est pas terminée. Nous avons l’obligation de montrer aux Sénégalais que ce n’est qu’un visage conjoncturel et non une image réelle de leur équipe nationale.

Il faut se relancer très vite. Il faut démontrer que nous avons d’autres valeurs. Il faut tourner la page de cette situation inédite deux ans en se posant des questions.

Est-ce que notre équipe nationale a atteint ses limites ?

Le temps de l’évaluation n’est pas encore arrivé. Nous allons tirer les conclusions nécessaires de cette défaite. Cette Can était juste une étape. La poursuite du plan n’est pas tributaire cette compétition. Nous allons prendre des décisions avec beaucoup de sérénité.

Toutefois, il ne faut pas jeter les acquis à la poubelle. Même si le constat, c’est que le Sénégal fait chaque fois un pas en avant et deux pas en arrière.

Ce groupe nous a valu des satisfactions. Il faut lui donner du temps. Malheureusement, sous la pression peut-être de l’opinion, on a mis le temps à côté.

Même si, en terme de qualité individuelle, le Sénégal n’est comparable à nulle autre équipe en Afrique. Seulement une vraie équipe anonyme peut faire mieux qu’une sélection comme la nôtre.

"Il est prématuré de parler de l’avenir d’Amara"

Il est prématuré de parler des questions qui concernent l’avenir du sélectionneur national, Amara Traoré. On ne peut pas faire une évaluation ici et maintenant. Il est sélectionneur des «Lions», après la Can voire au-delà de la Can.

Toutefois, nous allons procéder à une évaluation. Le cas d’Amara Traoré sera traité sur la base d’un rapport. Le Comité exécutif de la FSF se réunira et prendra les meilleures décisions. S’il faut se séparer de lui, nous le ferons et s’il faut le garder, nous n’allons pas nous gêner pour le faire.

Le cas de Moussa Sow

Il n’est pas question que Moussa Sow rentre et laisse le groupe en Guinée-Equatoriale. Il doit juste faire un aller-retour pour signer un contrat avec Fenerbache. Nous avons bien étudiés la proposition du club qui a décidé de mettre à sa disposition, un avion afin qu’il puisse partir faire des tests médicaux, signer son contrat et revenir demain (aujourd’hui, Ndlr).

Les joueurs sont là pour jouer la Can mais nous ne devons aussi prendre en compte leurs intérêts. Il ne sert à rien de retenir un joueur qui doit aller juste s’occuper de son avenir. Ce qui pourrait demain amener des problèmes. Toutefois, la décision de le libérer doit être prise de manière collégiale avec le coach et le ministre d’Etat. Nous nous sommes convenus de lui accorder 24 heures.

Amadou FALL

Vendredi 27 Janvier 2012 - 00:13



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