CAN 2015: Angola, Égypte, Gabon, Nigeria, disent «non»!

Les fédérations angolaise, égyptienne, gabonaise, nigériane ont nié vouloir et/ou pouvoir organiser la Coupe d'Afrique des nations de football, toute comme la Guinée équatoriale, ce 12 novembre. Quels pays restent-ils pour accueillir la CAN 2015 dans deux mois ?



La Confédération africaine de football (CAF) a-t-elle tenté de sauver les apparences en annonçant qu'il y avait eu une dizaine de pays candidats à l’organisation de la CAN 2015 ? La question se pose alors que les anciens organisateurs et prétendants potentiels se sont défaussés un à un ce 12 novembre 2014.
C'est ce 14 ou 15 novembre que la CAF est censée annoncer le(s) nom(s) du/des remplaçant(s) du Maroc, écarté pour avoir demandé un report de la Coupe d'Afrique des nations par peur du virus Ebola.
Ce remplaçant ne sera a priori pas l'Angola, hôte de la CAN 2010, qui faisait figure de favori après les «non» de l'Afrique du Sud (CAN 2013) et du Ghana (CAN 2008). C’est ce qu’a indiqué un cadre de la Fédération angolaise. « L'Angola ne va pas accueillir la compétition, nous n'avons pas présenté notre candidature et ce n'est pas notre volonté », a souligné John Lusevikueno, le vice-président de la FAF.
« Nous avons les mêmes craintes que le Maroc »

Le discours était un peu différent ce mercredi chez le vice-président de la Fédération égyptienne de football Hassan Farid, rencontré par notre correspondant au Caire : « On aimerait porter secours à la CAF qui nous aide beaucoup en temps normal. Toutefois, la santé du peuple égyptien est plus importante que la CAN et que le football. Nous avons les mêmes craintes que le Maroc au sujet d’Ebola. Notre politique de sécurité intérieure est efficace et protège tous ceux qui passent par l’Egypte. Mais nous ne voulons pas mettre le pays en péril à cause de cette épidémie ».
Côté nigérian, on est également réticent à accueillir la CAN 2015, selon une source bien informée à la Fédération. Le Nigeria ne s’est pas porté candidat, assure-t-elle. De fait, les élections du 14 février sont trop proches des dates de la compétition (17 janvier-8 février) et l’insécurité reste majeure dans le Nord du pays, à cause de la secte islamiste Boko Haram.
Même le Qatar, annoncé comme un possible secours pour le football africain, a voulu éteindre la rumeur qui a embrasé les réseaux sociaux. « Ces sont de fausses informations, a déclaré le vice-président de la Fédération qatarienne de football, Saïd Al Mouhannadi. Présenter le Qatar, un pays non africain, pour organiser la CAN n'a pas de sens ». La Fédération qatarienne a toutefois souligné ce jeudi qu'elle était prête à aider à l'organisation de la CAN 2015 si on le lui demandait officiellement.
La Guinée équatoriale et le Gabon penchent vers le « non »

La tendance est également négative du côté du Gabon et de la Guinée équatoriale, co-organisateurs de la CAN 2012. Selon des sources à la Fédération équato-guinéenne et au gouvernement, le pays n’a jamais fait acte de candidature. On assure que la Guinée équatoriale est plus préoccupée par l’organisation du tournoi régional de la CEMAC (30 novembre-13 décembre) et par un dossier de candidature pour la CAN 2017 dont l’organisation est également à réattribuer après le forfait de la Libye.
Dans le camp gabonais, on secoue également la tête. « Nous n’avons jamais été associés à des travaux du gouvernement gabonais pour que le Gabon soit candidat, affirme le vice-président de la Fédération Jean-Paul Tchibinda. Nous avons travaillé sur d’autres projets mais pas sur celui de 2015 ».
La CAF active ses réseaux en haut lieu

Que faut-il en conclure ? Qu’aucun pays n’est candidat pour organiser la Coupe d’Afrique des nations 2015 ? De fait, accueillir un tel événement dans deux mois ressemble à un cadeau empoisonné. Il faudrait mettre sur pied une logistique et une organisation énorme dans des délais intenables. Cela explique en partie que la Confédération africaine de football ne soit pas favorable à une co-organisation puisqu’il faudrait multiplier les interlocuteurs.
Pressée par le temps, la CAF active donc  ses réseaux en haut lieu. Les membres du Comité exécutif jouissent d’un vaste carnet d’adresse, notamment leur président Issa Hayatou. Ils discutent directement avec les chefs d’Etats et de gouvernements. Et tentent de trouver un compromis pour que la CAN 2015 ne soit finalement pas reportée en 2016…

RFI

Jeudi 13 Novembre 2014 - 13:19



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