CAN 2015: des premiers couacs dans l’organisation

La Confédération africaine de football (CAF) et la Guinée équatoriale avaient promis que les équipes qualifiées pour la Coupe d’Afrique des nations 2015 seraient traitées le mieux possible, malgré les délais très courts pour organiser ce tournoi. Pourtant, plusieurs sélections se sont plaintes des conditions d’accueil juste avant le début de cette CAN 2015.



Le stade de Bata, à la veille du match d'ouverture de la CAN 2015. Médard Chablaoui / RFI
Le stade de Bata, à la veille du match d'ouverture de la CAN 2015. Médard Chablaoui / RFI

La Confédération africaine de football (CAF) et la Guinée équatoriale ont bien du mal à faire la promotion de leur Coupe d’Afrique des nations 2015. L’organisation du tournoi, réattribuée le 14 novembre aux Equato-Guinéens après la disqualification du Maroc, connaît ses premiers couacs.

Les autorités locales et la CAF avaient promis que les 16 équipes participant à cette CAN 2015 seraient bien traitées, malgré les délais très courts pour organiser la compétition. Pourtant, certaines délégations se sont déjà plaintes de l’accueil, à quelques jours du match d’ouverture entre la Guinée équatoriale et le Congo-Brazzaville, ce 17 janvier à Bata.

La colère froide de Claude Le Roy

Claude Le Roy, le sélectionneur des « Diables rouges » congolais, était ainsi très remonté, ce 16 janvier à Bata. Lors de la traditionnelle conférence de presse de veille de match, le Français s’est contenté de réponses lapidaires concernant diverses déboires rencontrées par son équipe. Comment va son groupe ? « Bien », lâche-t-il d’un air figé. Quel est son état d’esprit ? « Serein ». Quand on lui demande les raisons de sa froideur, il répond : « Demandez à la CAF… »

De fait, à cette heure-ci, Claude Le Roy était censé diriger un dernier entraînement crucial, avant le match d’ouverture. Mais la CAF lui a demandé de venir parler aux médias, malgré tout. Quelques minutes après la fin de la conférence de presse, son discours aux joueurs du Congo a été interrompu par la sono assourdissante de l’Estadio de Bata…

La veille, à l’issue d’un entraînement, Claude Le Roy s’était pourtant voulu plus philosophe. « J’ai été un peu en colère pour les joueurs, parce qu’il n’y avait pas assez de chambres dans notre hôtel, expliquait-il le15 janvier à Bata. Rien n’était prêt, il n’y avait pas assez de places  pour mon staff. Il fallait que certains dorment à trois dans le même lit. Mais on réussi à sauver l’essentiel : ils ne dorment plus qu’à deux dans le même lit ! » Il avait ajouté : « Ce qui me rend triste, c’est que mes joueurs disputent leur première CAN. Ils sont là pour participer à une fête. Et, quand ils sont arrivés, ils étaient un peu atterrés. Ils se sont dits : "C’est ça la Coupe d’Afrique des nations ?" »

Paul Put, le sélectionneur de l’équipe du Burkina Faso, était également exaspéré, lui qui affrontera le Gabon, le 17 janvier à Bata. « Je ne suis pas content d’être arrivé en Guinée équatoriale, a confié le Belge, jeudi. On a eu un voyage très long pour arriver ici. On s’est retrouvé dans un hôtel catastrophique. On a donc dû en changer, après coup. […] L’hébergement n’est pas digne d’une équipe nationale. Ça m’énerve beaucoup et les joueurs sont déçus ».

Claude Le Roy, lui, soupire : « Il faut que les gens se rendent compte : ce sont les joueurs qui sont le plus important dans une compétition ! Il faut les mettre dans les meilleures conditions de sommeil, de restauration… La CAN est une épreuve où tout se joue sur des détails. »

La CAF reconnaît des ratés

Les problèmes d’accueil étaient prévisibles à Ebibeyin et Mongomo, deux petites villes qui reçoivent les groupes B (Tunisie, Zambie, Cap-Vert, RD Congo) et C (Algérie, Afrique du Sud, Ghana, Sénégal). Ils l’étaient beaucoup moins, en revanche, à Bata, qui a pourtant était le théâtre de matches de la CAN 2012, co-organisée avec le Gabon.

Du côté de la Confédération africaine de football, on ne nie pas ces mésaventures. Hicham El Amrani, le Secrétaire général de la CAF, a toutefois invité les médias à faire preuve d’indulgence, ce 16 janvier. « Cette Coupe d’Afrique des nations n’est pas classique, souligne le Marocain. En temps normal, nous avons quatre ans pour préparer le tournoi. Cette fois, nous avons eu seulement cinquante jours. Nous devons travailler avec le temps qui nous est imparti. » Il affirme : « Nous estimons que la grande majorité, sinon l’intégralité des infrastructures mises à disposition des équipes, répondent aux normes. […] Lorsqu’on désigne un pays hôte le 13 novembre  (1), il n’est pas possible de faire sortir de terre de nouveaux hôtels ou de nouvelles infrastructures. Un effort considérable a été fait, que ce soit pour le Burkina Faso ou le Congo. »

Un ancien dirigeant français, venu en tant que conseiller de la CAF et des organisateurs, s'est déclaré impressionné par les progrès réalisés par la Guinée équatoriale, en à peine cinquante jours.


Rfi.fr

Samedi 17 Janvier 2015 - 09:35



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