CDM 2014 : Pourquoi le Brésil doit remporter le mondial ?



L’époque où le football n’était qu’un simple jeu, avec 22 gaillards courant après le cuir pour le mettre au fond des filets est révolue. Le sport roi  est devenu aujourd’hui un enjeu de géopolitique mondial voire économique. L’Uruguay, ce petit poucet d’Amérique latine, de moins de 3 millions d’habitants, est entré dans l’histoire en remportant la première édition de la Coupe du Monde en 1930. Sénégal, ce gringalet d’Afrique subsaharienne l’a aussi démontré en 2002 au mondial de Corée-Japon. Cette glorieuse épopée a valu beaucoup de biens au pays de la «Téranga».
 
Le football est un élément fédérateur et stimulateur. Il a ce don de pouvoir enrayer des crises et de trouver des remèdes à des situations à priori  insolubles. Le cas de la Côte d’ivoire est encore vivace dans les esprits. En effet, Didier Drogba a été le trait d’union d’une nation ivoirienne disloquée.  
 
Aujourd’hui où le Brésil est sous les feux de la rampe, le mondial est pour les acteurs sociaux de ce vaste état fédéral  d’Amérique du Sud, une aubaine qu’il ne faut laisser passer sous aucun prétexte. Des mouvements de grèves sont  annoncés par beaucoup de centrales syndicales et la coupe du monde représente une vitrine voire  une caisse de résonance, pour se faire entendre à travers le monde entier,  même si elle est objet des contestations.
 
En réalité, le Brésil, depuis l’annonce de l’organisation de l’événement, est en proie à une terrible contestation sociale. Les brésiliens ne peuvent accepter ni comprendre l’investissement de sommes astronomiques dans l’organisation de cette grande messe du football mondiale alors qu’une large frange de la population crève la dalle. Ce qui a le plus envenimé les choses, c’est le déguerpissement de 170.000 familles vivant dans les favélas (quartiers malfamés)  pour la construction de stades. Cela a suscité une vague d’indignation.
 
Cette tension sociale dont l’élément instigateur n’est autre que cet événement planétaire qui se déroule du 12 au 13 juillet 2014 sur toute l’étendue du pays de la Samba démontre encore une fois de plus la puissance de cette compétition aussi ludique qu’elle soit.
 
Elle ne fait pas que démontrer une puissance, mais cette tension fait aussi monter les enchères pour la sélection nationale. En fait, c’est pour dire que l’enjeu est de taille  pour les «Auriverde». Il est même énorme. La Séléçao est dans l’obligation de remporter cette 20e édition pour ressouder cette nation.
 
C’est dans ce contexte très tendu que les «Or et Vert» vont disputer leur premier match contre la Croatie. Un duel qu’il est impératif de remporter pour redonner à ces millions de brésiliens le sourire mais surtout une occasion d’arroser le soir du 13 juillet tout le pays avec dame coupe. Le fait de remporter le graal pourrait ainsi calmer les esprits. L’euphorie pourra, à cet effet, dissiper les angoisses et les tensions nées de l’organisation de la coupe du monde.
 
La Séléçao pourra-t-elle réussir ce pari et engranger ainsi son 6e titre mondial ?
Réponse dans un mois !!!


Jeudi 12 Juin 2014 - 19:29