COP21 : Un accord final trouvé, publié en fin de matinée

La présidence de la République a annoncé qu’un accord avait été trouvé cette nuit. Ainsi le président François Hollande se rendra au Bourget en fin de matinée pour la présentation faite par Laurent Fabius.



«Après cette dernière nuit de négociations, le président doit se rendre en fin de matinée au Bourget où il pourrait intervenir devant la séance plénière des parties où sera présenté l’accord», a annoncé l’Elysée ce matin. La présidence a également confirmé qu’un accord avait bien été trouvé au terme d’une dernière nuit d’intenses négociations. «Il y a un projet d’accord, il y a un texte d’accord», a déclaré une source élyséenne. Ce texte est parti à la traduction dans les six langues de l’Organisation des Nations unies, ajoute-t-on. Le «comité de Paris», instance de consultation mise en place au début de la semaine et ouverte à toutes les délégations, «se réunira (…) à 11h30 pour examiner le projet d’accord universel sur le climat, présenté par le président de la COP, Laurent Fabius», précise la présidence française de la conférence. Pour devenir un accord, il doit être ensuite formellement adopté par la COP21 réunie en séance plénière.
 
Une nuit d’intenses négociations
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les représentants des 195 pays se sont échinés à trouver des points d’accord sur tous les bouts d’articles qui font encore blocage. La différenciation (comment se répartit la charge entre les pays), les financements pour aider les pays en voie de développement et l’ambition (ce qu’il faut attendre de limitation des hausses de températures). Mais les avancées attendues qui auraient permis de publier un document final vendredi en début d’après-midi comme l’avait un temps espéré la présidence française n’ont pas été obtenues. Les positions se sont même plutôt radicalisées. «Les pays se sont retranchés derrière leur ligne rouge», souligne le représentant d’une ONG.
 
Même sentiment quand on suit les tweets de Jean-Marc Nollet député écologiste belge. Non sans une bonne dose d’humour, l’ancien ministre qui a réussi à se faufiler dans les salles de négociation a raconté les interventions de pays qui ne rêvent que de détricoter le texte. «Il y a toujours un ou deux sujets très difficiles sur lesquels nous travaillons», a reconnu de son côté John Kerry, le secrétaire d’État américain, qui de toute évidence, ne ménage pas sa peine dans le jeu des négociations. Un rôle prépondérant qui n’est pas forcément du goût de tous les pays et notamment au sein du groupe Afrique, où l’on redoute d’être mis au pied du mur ce matin par la présidence française, avec un texte à prendre ou à laisser. «C’est le moment très difficile où il faut réussir à mettre ensemble toutes les pièces du puzzle», résume un négociateur.
 
Bien peu de conférences climat échappent aux tensions des dernières heures quand ne restent sur la table que les parties de textes les plus conflictuelles. «C’est le moment de la mise en scène», raconte Yannick Jadot, député européen Europe Écologie-les Verts. À se demander parfois si les semaines, les mois voire les années de négociations qui ont précédé cette COP21 ont servi à quelque chose! «La tentation de postures peut prévaloir alors que tout est encore possible», rappelait hier matin Nicolas Hulot, en s’exprimant au nom de sa fondation. «Les chefs d’État ont une responsabilité inédite… Ils n’ont pas le droit de décevoir» a-t-il ajouté.
 
Beaucoup d’acteurs toutefois ne se départaient pas de leur optimisme à commencer par Laurent Fabius lui-même. «Nous sommes presque au bout du chemin, déclarait-il hier à la mi-journée. Le texte j’en suis sûr sera approuvé.» Il est vrai que même un certain nombre de présidents ont remis la main à la pâte. Les présidents américains et chinois, Barack Obama et Xi Jinping, se sont entretenus par téléphone jeudi soir réaffirmant leur volonté «d’aboutir à un accord ambitieux sur le climat»
Le figaro

Khadim FALL

Samedi 12 Décembre 2015 - 10:22



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