CREI et la reddition des comptes: PDS, Professeurs, avocat et économiste sont sans complaisance



CREI et la reddition des comptes: PDS, Professeurs, avocat et économiste sont sans complaisance
Créé le 6 février 2015, le Forum Libéral et Démocratique (FLD) a lancé ses activités ce jeudi. «Depuis deux (2) ans, on nous empêche de réfléchir, on nous traine en justice, on nous interdit de sortir, des sortes de tracasseries sur notre dos, c’est lourd, difficile, pénible, cela nous a empêché d’avoir des cadres de ce genre… », campe le coordonnateur du FLD. Selon Lamine BA, il s’agit d’«un cadre de partage, de réflexion et d’actions… ». Car, «aujourd’hui, le pays est dans un niveau tel que nous devons nous réunir pour partager, réfléchir ensemble au profit du développement et de la consolidation des acquis de notre pays ».


C’est ainsi que dans le cadre de ce lancement, les débats ont porté sur le thème : «La radioscopie de la seconde alternance au Sénégal: Quelles perspectives pour l’avenir ?». Le sociologue, Pathé Mbodj décortique le sous-thème des « Juridictions spéciales et démocratiques : le cas de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI). Dernier qui dira avoir suivi le procès de Karim Wade dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis. Ce, de septembre au mois d’avril. «A chaque fois qu’y étais, j’étais écoeuré », sert le sociologue selon qui:


«La CREI est une invention d’une société en transition c’est-à-dire qu’à chaque fois qu’il y a changement, on l’a vu dans la première alternance, celle de 1981 avec Diouf et celle de 2012 avec Macky Sall. Ce sont les lois 81-53 et 54 du 8 juillet 1981 portant création de la CREI…Ce sont des lois, parait-il, lorsque le vieux refuse de mourir pour céder la place au jeune…Abdou Diouf contre le géant culturel Senghor, Macky Sall contre le dernier grand révolutionnaire Sénégalais, Me Abdoulaye Wade ». Le sociologue de relever le « règlement de compte basée sur la suspicion, la médisance ».


«La réactivation de la CREI sous le magistère du président Macky Sall n’a pas tenu compte de l’évolution de la société sénégalaise », une « société qui n’accepte plus une accusation sans preuves préalables, les errements notés dans le processus d’inculpation et durant le procès ont démontré les faiblesses d’une loi qui ne s’est pas amélioré avec l’âge… », indique-t-il. Abordant pour sa part la reddition des comptes, Me Amadou Aly Kane de souligner que cela ne signifie pas «ce qu’on est en train de voir en ce moment » à savoir «convoquer les gens devant la CREI ». L’exercice des responsabilités entraine l’obligation de rendre compte car quand une personne accepte une charge, on vous fixe des objectifs;  la contrepartie étant de se justifier après, lance ce dernier de préciser que «rendre compte, c’est avant tout comparer les résultats aux objectifs et justifier les moyens utilisés pour cela».


Pour l’avocat à la Cour : «Il y a un certain nombre de prérequis pour la reddition des comptes. Il faut tout d’abord qu’on identifie les problèmes, leur nature et qu’on les hiérarchise ». Ce, «après avoir identifié les problèmes entre les objectifs stratégiques et opérationnels ». La troisième condition étant que «l’action soit encadrée par la loi » à travers «un cadre législatif et règlementaire ».
 

Ainsi, « la reddition des comptes va au-delà de mettre les gens en prison », plaide la robe noire selon qui, le pire, «c’est qu’on pense que la reddition de comptes est la poursuite de ceux qui dirigeaient le pays». Le Professeur Meïssa Babou, quant à lui s’est intéressé à «la problématique du développement en Afrique: le cas du Sénégal». Sans complaisance, l’économiste de dire que «c’est l’Afrique elle-même qui refuse le développement». D’autant plus que «l’exportation de nos matières brutes plombe notre développement». 


Jeudi 14 Mai 2015 - 22:43



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