CRISE AU YEMEN : QUI SONT LES HOUTHIS ?



Depuis le déclenchement de la dernière guerre du Yémen, le mouvement houthi a gagné un vaste terrain dans les médias internationaux, et le vocable « houthisme » s’est répandu sur une grande échelle, sans qu’on sache véritablement la réalité de ce groupe, ses principes idéologiques et ses aspirations politiques. Cependant, les écrits confirment que, le houthisme est un groupe politico-religio-tribal dont le fondateur s’appelle Houssein Alhouthy.


Les Houthis constituent un groupe religieux radical du rite zaydite chiite. Mohamed Badr, le frère ainé du fondateur Houssein Alhouthy, déclare : « nous sommes la mie du zaydisme dans la croyance, dans la pensée, dans la culture et dans la conduite ». Ils sont politiques car, ils ont des doléances politiques et réclament une participation au pouvoir particulièrement au Yémen.
Quant aux circonstances de sa naissance, ledit groupe, serait né dans les années quatre-vingt, suite à une initiative de certains savants religieux d’obédience zaydite. Le but était la vivification des enseignements du zaydisme et l’éducation des générations futures sur cette base pour servir de réponse à l’extension du salafisme wahhabite.



Après les redressements démocratiques au Yémen, certains savants du groupe ont décidé la création du parti Hizboul haqh (parti de la vérité) comme branche politique pour le houthisme zaydite. Parmi les plus influents fondateurs de ce parti, figurent la référence zaydite Almouayidy et Al Hassane Badr Ddine Alhouthy. C’est suite à leur échec aux législatives, à l’issue desquelles ils ont gagné deux sièges sur 301, qu’ils vont décider de mettre en place une entité éducative et de prédication au nom du « club de la jeunesse des croyants » dont les principaux fondateurs sont :


Mohamed Yahya Salim Azan, Abdoul Karim Hadbane et Mohamed Badr Ddine Al Houthy et autres.
La démission du parti et du parlement et la conquête du club                                      
Houssein Alhouthy, le fondateur, démissionne du parlement et intègre le club et imposa ses opinions. Chose qui va conduire à la scission dudit club en deux parties ; le groupe houthi fidèle à ce dernier et celui affilié à Yahya Salim Azan qui a gelé ses activités pendant la guerre de Saada. Les houthis ont mené six guerres et des dizaines de conflits meurtriers respectivement contre l’armée et les tribus yéménites dans les zones de Saada, de Oumrane et de Ajowf.



Après la déchéance du président Ali Abdallah Saleh, les orientations militaires des houthis se confirment davantage. Ils destituent le successeur de Saleh : Abdrabou Mansour, pour des raisons purement et simplement cultuel, car ce dernier n’est pas issu du cercle zaydite. Ils donnent comme prétexte que le guide doit être impérativement issu des deux « entrailles », ce qui veut dire qu’il doit être descendant de Hassan et de Hossein.
 
 
Le cadre organisationnel du houthisme
Les houthis manquent d’un véritable cadre organisationnel, c’est pourquoi le nom de la secte est resté rattaché à celui de son fondateur. C’est récemment lors du congrès de dialogue national, après la révolution, en date du 11 février 2011 qu’ils se mirent à penser un cadre politique pour leur entité nommée aujourd’hui Ansaroullah (les souteneurs de Dieu).  
Cette organisation prévoit quelques sous-entités : politique, militaire, éducative médiatique, sociale et de sport. Les houthis sont fortement liés à Hezbollah libanais et au parti Daawa iraquien qui constituent un maillon entre ces premiers et l’Iran.


Quant aux financements étrangers dont ils jouissent, ils sont de sources diverses mais le plus important demeure celui de l’Iran acheminé par le Hezbollah. Ensuite ce qu’ils perçoivent des cercles chiites de certains pays du golf comme Bahreïn, Koweït et Arabie Saoudite. Cependant tous ces financements s’amenuisent à coté de leur autofinancement.
Parmi leurs importantes personnalités : le guide spirituel Abdoul Malik AL Houthy, le chef militaire Abou Aly Al Hakim, Abdoul Khaaligh Al Houthy (petit frère du fondateur). A propos de la force militaire le nombre des combattants houthis s’estime entre 10 000 et 15 000 hommes y compris le bataillon de Al Hossein entrainé par la garde de révolution iranienne.



On devait peut-être signaler ce paradoxe : l’antagonisme de Abdallah Saleh à la secte et son alliance actuelle avec elle. Nous aborderons probablement cette zone d’ombre dans un prochain chapitre dans une tentative d’y apporter des éclaircissements.

 
Cheikh Makhtar KEBE
Président du Rassemblement Islamique du Sénégal
RIS-ALWAHDA


Vendredi 5 Juin 2015 - 10:43



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