Caillassage du cortège présidentiel : un débat national pour formation civique et morale des étudiants !



Caillassage du cortège présidentiel : un débat national pour formation civique et morale des étudiants !
Foyer de contestations estudiantines, l'Université de Cheikh Anta Diop de Dakar a, de tout temps, été un espace redouté par les tenants du pouvoir. Car, la révolution y a toujours été en marche. On ne saurait noircir ici le tableau de manifestations qui ont émaillé l’histoire de ce mythique campus social et pédagogique. Les nostalgiques se souviennent encore de ces gigantesques et houleuses assemblées générales, ces discours réactionnaires suivies d'échauffourées avec la police, ces poubelles et chaussures en folie jonchant les rues et artères, ces bus calcines et lacrymogènes d’un Mai 68 spontané ou d’un février 88 fiévreux. S’en rappeler pour mémoire, c’est faire saisir le poids de la contestation de l'ordre établi jadis présente sur le campus, aujourd'hui mal gérée par la génération contemporaine. Une raison suffisante pour que le Président de la République, Macky Sall, ne rougisse pas des jets de pierres sur son cortège lors de sa récente visite à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. C'est le moral de la nation qui a été ici atteint. Et sauvagement. Question : n’y a-t-il pas la une urgence (ou une nécessite?), au-delà bien entendu de la réforme universitaire en cours, de repenser la formation civique et morale de nos étudiants ? 
 
Toute honte bue
 
Difficile, tres difficile de trouver des mots pour qualifier l'acte indigne et ignoble des étudiants " lanceurs de pierres" (: Ndrl). Bien que nous savions qu'ils allaient tout faire pour perturber la visite du Président de la République, mais jamais nous ne pouvions imaginer une telle bassesse, puisque c'était l’Université, l'une de nos institutions la plus prestigieuse du pays qui recevait le Chef de l'Etat, clef de voute de nos Institutions. Malheureusement, le démon estudiantin était englué ce jour dans une animosité jamais égalée. C´était là l’aspect le plus essentiel de cette visite qui se voulait historique et que d'aucuns ne voulaient pas qu'elle soit.  Comble a été pour nous, l'opinion nationale aussi, d’entendre des hommes politiques (sans toge) décerner publiquement des diplômes de satisfécit (titres de témérité !) aux étudiants lanceurs de pierres. Les soutenant, ils ont même taxé – et grossièrement – le camp présidentiel de "vouloir décapiter les mouvements étudiants de l'opposition". Inadmissible et décevant de penser de la sorte pour notre commune université, ce "Haut lieu du donner et du recevoir" où s’illustre le génie de notre peuple ! Maintenant qu'il est clair que la stratégie de notre opposition politique, comme nous l'avions déjà dit ailleurs, est de rendre ingouvernable ce pays, c'est aux étudiants, futurs leaders et défenseurs de l’intérêt général, de comprendre que la liberté de penser et d’agir, devrait s'articulait autour des vrais problèmes de fonds de l’Université, notamment la valeur de leur enseignement ou l'urgence des réalités sociales auxquelles ils sont quotidiennement confronté. Ce pour quoi justement le président Macky Sall, lui aussi un pur produit de l’université de Dakar, était venu écouter himself "ses" camardes.
 
De la primauté de l'esprit
 
Après donc que des étudiants aient fait tristement leur spectacle, des réactions en chaine leur sont tombées sur la tète. Eux-mêmes ne cachent pas leur désarroi : "Il nous faut repenser le système éducatif universitaire en profondeur [...] repenser le statut d’étudiant et surtout d’étudiant politique", déclarent-ils. Ils ont raison. Personne, aucun esprit sain ne peut cautionner de telles images accablantes, ces scènes désolantes accomplies dans une fureur criminelle contre le cortège présidentiel. Là évidemment, on pourrait comparer ces étudiants-jeteurs de pierres à des mulets qui, étant accoutumés à leur charge, se gâtent un long repos plus que par le travail. A tâter donc le pouls de la communauté estudiantine comme un médecin jugerait l'état d'un malade par le pouls, l’on se rend compte que les étudiants d’aujourd’hui sont, pour la plupart, victimes de la faiblesse et l'étroitesse de leur esprit, en somme de leur naïveté intellectuelle et morale qui les conduit toujours dans un repliement égoïste. Ces signes distinctifs qui les caractérisent ne peuvent qu'effectivement les éloigner de ce qui devait être leur repère, l'arbitre ultime de leurs actes : leur indépendance d'esprit. Futurs hommes politiques, ces etudiants devraient alors s'imprégner de la réflexion du Pr. Bernard Fonlon qui, dans sa Lettre ouverte aux étudiants africains ou la nature, la fin et le but des études universitaires  écrit : " Même au milieu de ce carrousel qu'est la politique, l'intellectuel ne doit jamais oublier que sa mission essentielle est d'être la Conscience de la société et non pas seulement son Agent ".
 
Un devoir imperieux
 
Maintenant que nous savons tous que les étudiants arrivent à la faculté, leur formation (ou déformation) déjà définitivement faite, sous l'influence de leur famille, il est nécessaire pour nous autres d'enrayer la spirale de violence à l'université. Car, ce laisser-aller a trop souvent abouti à un affaiblissement de nos valeurs sociales les moins contestables, d’où un découragement des enseignants parmi les plus dévoués et des personnels administratifs, techniques et de services. Malgré les efforts de plusieurs ministres de l'Enseignement superieur, de recteurs et de doyens, la dégradation de nos universités, fontaines de jouvence pour les étudiants, est alarmante. Au-delà de leurs missions purent sociales, nos centres universitaires devraient aussi exercer une influence positive sur la formation civique et morale de leurs pensionnaires.  L'université ne peut réellement exister tant que les etudiants ne respectent les autorités administratives, les Doyens, leurs professeurs et les Pats, eu égard à leur titre et à leur illustre personnalité qui s'attachent à chacun d'entre eux. Que les étudiants se le tiennent pour dit, eux qui proviennent en majorité des villages ou les décisions du chef sont immédiatement exécutées avant de s'y soumettre. Donc, il est un devoir impérieux que tout le Sénégal se consacre à cette œuvre de formation civique et morale des étudiants.

Par Gallo Thiam

Mercredi 12 Août 2015 - 09:07



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