Cancer du sein : la défense des droits des malades tire sur la sonnette d’alarme



En cette période d’octobre rose qui «mobilise les femmes en faveur du dépistage du cancer du sein, la campagne est particulièrement marquée par une pénurie de médicaments anticancéreux dans tout le territoire national. Il s’agit d’un véritable problème de santé publique et nous ne cesserons de crier notre désarroi en voyant ces femmes mourir parce qu’il n’y a pas de médicaments pour se faire soigner. Nous rappelons que le ténofovir (médicament antirétroviraux) est toujours en rupture pour les personnes atteintes d’hépatite chronique. Ils risquent d’avoir la cirrhose du foie. C’est inadmissible et la responsabilité de l’Etat est engagée », alerte l’Association Sénégalaise Pour la Défense des Droits des Malades.

 
L’ASDDMA qui indique toutefois n’avoir rien contre les campagnes de sensibilisations et de dépistage. « Mais à quoi sert un dépistage si par la suite le traitement est impossible ou insuffisante. Il y’a un fort doute sur l’efficacité des médicaments délivrés dans les hôpitaux publics. Ainsi par exemple, les médecins cancérologues de l’institut curie de Dantec avaient remarqué une absence d’effet secondaire des médicaments et un fort taux de décès dû à un échec thérapeutique. Ce qui était pour eux anormal car certaines molécules qui faisaient partie des protocoles de chimiothérapie avaient pour effet secondaire la perte des cheveux, alors que toutes les femmes traitées avaient gardé leur cheveux intact. Ce qui nous a emmenés à faire des investigations et à savoir que les médicaments anticancéreux qui sont délivrés dans les hôpitaux publics n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché(AMM) depuis 2006. Nous considérons donc que beaucoup de médicaments délivrés dans les pharmacies publiques sont des « médicaments de la rue » ».


A ce propos, le président de l’ASDDMA dit constater « aussi une absence de soins palliatifs au Sénégal. Nous devons avoir une politique de soins palliatifs, un programme national de soins palliatifs. Les malades en fin de vie ne doivent pas souffrir et doivent mourir dans la dignité. Tel est ce qui ressort de l’article trois de la charte du malade qui dit que les établissements publics de santé hospitaliers garantissent un accueil et des soins de qualité ; ils veillent au soulagement de douleur ». Par ailleurs, préconise Mody Bosso Traoré, « il est nécessaire de mettre en place des registres du cancer. Ces registres sont essentiels pour rassembler des informations de qualité sur le nombre et le type des cancers. Ils permettent de mettre au point des politiques nationales efficaces de lutte contre le cancer, de les mettre en œuvre puis de les évaluer. Enfin, la cherté des médicaments est insupportable. Il n’y a pas un sénégalais qui puisse supporter le coût lié au traitement du cancer. Alors que le cancer du sein est une priorité de santé publique et un problème majeur chez la femme, il faut subventionner les médicaments anticancéreux ». 


Jeudi 2 Octobre 2014 - 11:26



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