Caricatures : la France entre prévention et protection au Maroc et en Tunisie

Le gouvernement tunisien a annoncé, le jeudi 20 septembre, l'interdiction des manifestations prévues ce vendredi en réaction aux caricatures de Mahomet publiées dans Charlie Hebdo. Les services français de sécurité sont cependant en alerte. Au Maroc, l’ambassadeur de France, Charles Fries, a vivement condamné, hier, sur une radio marocaine la publication des caricatures du prophète. L'ambassade de France et les écoles françaises y resteront cependant ouvertes ce vendredi.



La sécurité a été renforcée autour des bâtiments abritant la représentation diplomatique française à Tunis, le 20 septembre 2012.
La sécurité a été renforcée autour des bâtiments abritant la représentation diplomatique française à Tunis, le 20 septembre 2012.
Deux blindés légers, équipés de mitrailleuses, sont stationnés entre la cathédrale et l’ambassade. Le terre-plein est entouré de rouleaux de fils barbelés. Des unités mixtes de militaires et de policiers patrouillent aux abords du bâtiment principal qui sera vide aujourd’hui. L’ambassadeur et son équipe travailleront depuis leur domicile. Les dossiers confidentiels et les équipements sensibles ont été déplacés. La France ne souhaite prendre aucun risque, même si pour l’heure le groupe salafiste Ansar al-Charia n’a pas lancé d’appel à manifester.

Le gouvernement tunisien, dominé par le parti islamiste Ennahda, a interdit tout rassemblement sur le territoire national ce vendredi. Pour le responsable du parti, l'islamiste Rached Ghannouchi, les intégristes représentent un « danger » et la Tunisie va « serrer la vis ». L'interdiction des rassemblements est donc une mesure exceptionnelle justifiée par de réelles menaces. « Nos services ont décelé la préparation d’actes violents », indique-t-on au ministère, sans plus de précision.

L’ambassade a invité les 30 000 Français de Tunisie à la plus grande vigilance. « Nous sommes désormais une cible des extrémistes et c’est la faute de Charlie Hebdo », fulminent des membres de la communauté française expatriés en Tunisie qui attendent avec anxiété la teneur des instructions données lors du prêche. Les salafistes, de l’aveu du ministère de l’Intérieur, occupent des centaines de mosquées en Tunisie.

«La liberté, ce n'est pas humilier»

Pour communiquer, l’ambassadeur de France a choisi une radio marocaine. Radio Méditerranée internationale (Medi 1), proche du palais royal, est largement écoutée dans le pays. Une opération pour tenter de désamorcer tout de suite les réactions potentielles à ces caricatures.

Charles Fries a donc rappelé le principe de respect de la liberté d’expression, tout en condamnant plutôt fermement la démarche de l’hebdomadaire français : « Je déplore que ce journal ait utilisé cette liberté d’expression de façon excessive et de manière choquante pour les musulmans. Nous condamnons toutes ces formes de provocation et bien sûr, aucun amalgame ne doit être fait entre le contenu de ce journal et les positions des autorités françaises qui sont contre toute forme de provocation. »

Mais pour Oussama, jeune technicien à la télévision, ces explications ne sont pas suffisantes : « Ce n’est pas assez, même s’ils demandent de pardonner tout ça. Ce n’est pas assez. Ils doivent interdire cela ; ça ne se fait pas. »

Un peu plus loin dans le centre de Casablanca, Fatiha entièrement couverte d’un niqab noir est un peu plus radicale : « C’est ça qui fait qu’il y a un choc entre les civilisations. Si par exemple vous, vous appartenez à l’Occident et vous êtes pour la liberté, la liberté ça ne veut pas dire humilier tout ce qui est sacré chez les autres. »
Source: RFI


Vendredi 21 Septembre 2012 - 10:55



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