Carnaval de Rio: la donation équato-guinéenne qui passe mal

A Rio de Janeiro, dès ce samedi soir, les écoles de samba défileront dans le Sambodrome pour tenter de décrocher le titre d’école championne du Carnaval qui débute. Mais une polémique est venue ternir la fête : une école de samba aurait reçu plus de 3 millions d’euros du président de la Guinée équatoriale, Theodoro Obiang Nguema. Une généreuse donation qui fait des remous.



Le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema a offert près de 3 millions d'euros à une école de samba brésilienne.
Le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema a offert près de 3 millions d'euros à une école de samba brésilienne.

La nouvelle n’est pas passée inaperçue : 10 millions de réais (3 millions d'euros), jamais une école de samba n’avait reçu autant d’argent. Participer au défilé dans le Sambodrome coûte très cher aux écoles, qui doivent notamment construire de splendides chars allégoriques et fabriquer les déguisements par milliers. Elles font donc toutes appel à de généreux sponsors, de grandes marques souvent. Mais le coût du Carnaval pour une école de samba est en général estimé à 8 millions de réais (2,5 millions d’euros).

Theodoro Obiang Nguema  a donc certainement permis à l’école de Beija Flor, l’école la plus titrée de l’histoire du Carnaval, de doubler son budget.

L’information a été révélée par le quotidien brésilien O Globo. Et l’on a appris par la même occasion que le président de la Guinée équatoriale et son fils étaient des inconditionnels du Carnaval de Rio, auquel ils assistent discrètement depuis de nombreuses années, dans une loge privée, et en séjournant à Rio dans de luxueux appartements ou maisons de location.

Polémiques

Mais une école de samba sponsorisée par un inamovible président africain, au pouvoir depuis 1979, cela ne plaît pas à tout le monde. C’est le moins que l’on puisse dire. Les éditorialistes, et les journaux populaires ont largement repris l’information, soulignant l’origine des fonds, ceux d’un dictateur d'un pays africain, dont une grande partie de la population vit dans la misère.

Mais le Carnaval de Rio et son défilé dans le Sambodrome, avec ses dizaines de millions d’euros englouties en à peine trois nuits de spectacle, sont devenus des habitués des polémiques financières. La manifestation a même été déjà la cible d’accusation de malversations. Il y moins de 3 ans, plusieurs écoles avaient été soupçonnées de servir à blanchir des fonds pour des groupes criminels de Rio, spécialisés dans la loterie clandestine.


Rfi.fr

Samedi 14 Février 2015 - 08:46



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