Casamance : Abdoulaye Baldé souhaite la bienvenue au président et minimise ses 23 milliards




« En ce jour 17 Mars 2014 permettez-moi tout d’abord, en ma qualité de Maire de la commune de Ziguinchor, de souhaiter la bienvenue à notre illustre hôte : Son Excellence Le Président de la république et toute la délégation qui l’accompagne. Excellence Monsieur le Président, par ma voix, le  conseil municipal que j’ai l’honneur de diriger et au-delà toutes les populations de notre cité et partant de la Casamance entière vous disent : bienvenue à Ziguinchor. Votre visite aujourd’hui en Casamance, dans un contexte de relance économique de la contrée, suscite beaucoup d’espoirs, au niveau des populations », déclare d’emblée l’édile de Ziguinchor qui poursuit.


« Comme nous le savons tous, la Casamance traverse une crise qui a fini de plomber son essor à tous les niveaux. Notre cri de cœur est de voir enfin ; cette belle région aux énormes potentialités, retrouver la voie de son  développement. Certes des efforts remarquables ont été consentis par l’Etat, les ONG dans le cadre de bon nombre de programmes déployés dans la région. Il faut reconnaitre Cependant que tous ces efforts fournis n’ont pas permis d’atteindre les objectifs de croissance et de développement de notre région naturelle.  On pourrait dès lors s’interroger Monsieur le Président de la République, si un plan spécial et spécifique n’était pas nécessaire pour sortir cette contrée de ses difficultés criardes ? Certainement oui ». Avant de préciser :

 
« Pour un début, nous apprécions positivement la mise en place du Projet Pôle de Développement de la Casamance doté d’un montant de vingt trois milliards (23 milliards) pour la construction de pistes de production et autres infrastructures sociales et agricoles. Permettez-moi d’adresser tous nos remerciements aux partenaires techniques et financiers qui ont voulu financer ce projet avec une mention spéciale à la Banque mondiale ».
 

Et Abdoulaye Baldé de minimiser : « Monsieur le Président, force est de constater que développer la Casamance, nécessite encore plus de moyens financiers, tant les défis sont multiples. Je ne voudrais citer entre autre que quelques exemples d’actions prioritaires et qui nécessitent des interventions urgentes. C’est le cas notamment de la poursuite de la construction et de la réhabilitation de la première partie de la boucle du Blouf déjà abimée après quelques années de services.
 

La construction de la Boucle des Kalounayes tant réclamés par les populations, de même que celle du Boudié dans la région de Sédhiou. La construction de ponts nécessaires au désenclavement de plusieurs zones de la région de Sédhiou notamment ceux de : Marsassoum et de Sandignéry. La construction de plusieurs pistes de productions et infrastructures sociales de base dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor et frontalières à la Gambie et à la Guinée-Bissau. La RN 6 en cours de réhabilitation par le MCA, permettra le rétablissement du cordon ombilical de la Casamance naturelle et sera une pièce maîtresse dans l’essor de ce pôle de développement, qui verra le jour dans l’acte III de la décentralisation. Il conviendra donc d’une bonne mise en place de mesures d’accompagnement adéquates et spécifiques aux zones traversées, pour une meilleure efficacité,  dans la relance du tissu économique et social. La relance du tissu industriel de la Casamance naturelle ».


A ce niveau, «  j’ai toujours prôné l’établissement de zones franches industrielles et des mesures de discrimination positive en matière fiscale en faveur des entreprises. Pourquoi pas une Amnesty fiscale pour ces entreprises installées en zones de conflits. Conflit faut-il le rappeler est un des plus vieux au monde. En ce qui concerne la relance du tourisme, il faut se féliciter du projet de réhabilitation et d’agrandissement de la piste de l’aéroport de Ziguinchor. Mais force est de constater Monsieur le Président de la République que beaucoup d’efforts restent à faire pour une véritable relance des activités touristiques dans les zones  balnéaires du Cap Skirring, Abéné et Kafountine. Un des handicaps majeur provient de l’enclavement de notre région, du cout élevé et de l’irrégularité des moyens de transports aériens », enchaîne le leader de l’Union des Centristes du Sénégal (UCS) qui martèle.

 
« Un autre fait inédit et lourd de conséquence est venu aggraver l’enclavement de la Casamance naturelle. En effet Monsieur Le Président de la République, depuis bientôt trois mois  le transport des voyageurs entre Dakar et Ziguinchor est perturbé par le blocus du bac de Faraffénié, opéré par les syndicats de transporteurs. Nos braves populations sans assistance des pouvoirs publics, sont ainsi obligées de faire le tour par Tambacounda, avec tous ce que cela comporte comme désagréments et montants exorbitant du prix de transport ». A cela, s’ajoute  « le transport maritime assuré par le bateau Aline Sitoé DIATTA » qui attend toujours selon le maire de Ziguinchor, « son escale de Carabane, où de nombreux produits sont perdus, faute d’évacuation ».


« D’autre part, Monsieur le Président de la République, vous aviez promis de faire de la paix en Casamance votre priorité. S’il est heureux de constater une certaine accalmie qui donne de l’espoir, il reste cependant du chemin à parcourir et beaucoup de paramètres à explorer, pour installer un climat de confiance réciproque, devant mener à des négociations sincères et inclusives, pour une véritable sortie de crise » dit ce dernier qui indique :


« A ce sujet Excellence, Monsieur PR, soyez rassuré de notre soutien et appui constant, pour toutes les actions pouvant concourir à l’atteinte de ces résultats. La question de la paix en Casamance interpelle l’ensemble des Sénégalais et en particulier des fils de la Casamance naturelle. De ce point de vu, mesdames et messiers, la consolidation de la paix et le développement de notre région passeront d’abord par la concorde et des actions positives et hardies de ses propres enfants, toutes obédiences confondues ». Avant de conclure :


« A cet effet, je voudrais inviter tous les enfants de la Casamance à la mobilisation et la consolidation sincère de cette paix. Cet appel s’adresse également à nos frères et sœurs de la diaspora. En ce mois béni du Carême Chrétien, sollicitons Monsieur le Président de la République, Madame le Premier Ministre, les prières de nos frères chrétiens pour l’intersession de la vierge Marie, mère de Jésus auprès du Seigneur pour un retour définitif de la paix en Casamance ».


Lundi 17 Mars 2014 - 21:16



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