Casamance: des mesures pour en faire une zone de développement en latence



« Je viens de lancer le Pôle de développement de la Casamance pour accompagner la dynamique de paix. Ainsi nous ouvrons une nouvelle ère de valorisation de toutes les potentialités de notre pays. Ce développement doit être territorialement équitable et socialement inclusif », disait Macky Sall dans son discours du 4 avril dernier. Les termes « développement équitable à l'échelle nationale », en bandoulière, c’est ainsi que le Chef de l’Etat s’est rendu dans le sud du pays le 17 mars dernier dans le cadre de trois (3) jours de visite dans ladite zone. « J’ai en effet très tôt pensé qu’il fallait à la Casamance, une nouvelle forme d’action publique. Le projet, je l’ai mûri et articulé autour du concept programme « RRDD ».


C’est à dire «Réconciliation des esprits et des cœurs,  Reconstruction  d’une région troublée et meurtrie collée à un  Développement équitable parce que Durable », expliquait Macky Sall. Selon lui, «la Casamance doit être un nouveau réceptacle de développement » à travers la « prise en charge » du «développement  et surtout à la base ». Précurseur de la politique de territorialisation, le PPDC vise ainsi «la redynamisation de l’économie locale par la revitalisation de l’agriculture en particulier la riziculture qui se développe dans la zone, le renforcement des pistes de productions rurales etc. Son objectif, selon toujours le Président de la République est de consolider la paix par l’appui à la réinsertion socioéconomique des ex combattants et la promotion de l’emploi surtout en faveur des femmes et des jeunes… ».

 
Entres autres visées, le PPDC «devra  en outre  permettre la réalisation de 350 kilomètres de piste  de production pour la desserte des grands centres urbains et l’accroissement de la production par la réhabilitation de 200 kilomètres de routes rurales et la modernisation de l’équipement agricole », disait son initiateur. Depuis ce beau discours, où en est le projet ? Dans tous les cas, le projet n'avait pas manqué d'éveiller les soupçons du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) notamment la construction des pistes de production. Le maquis dira ne pas comprendre l’insistance des autorités surtout qu’on va vers des négociations.


«Pas de projet de développement en Casamance sans passer par des négociations avec le MFDC », lancera par ailleurs le chef rebelle de Kasserole, César Atoute Badiate. Malgré des «progrès considérables » marquées par «l’accalmie sur le terrain », le père Angelo Romano de la communauté Sant’Egidio note toutefois que la situation est loin d’être sous contrôle. « Les négociations sont loin d’être terminées », souligne la partie autour de la table des « pourparlers ». Ce, au moment des habitants de ladite zone réclame plus que jamais le désenclavement de leur région.  «Quand on construit une autoroute Thiès-Touba à hauteur de 400 milliards de F CFA, c’est très bien…


Si l’Etat a fait cet effort-là pour cette partie du Sénégal, l’Etat devrait quand même consentir un peu plus d’efforts…cela en vaut le coût pour relier la zone au reste du Sénégal », crient-ils. Selon ces derniers, les navires Aguène et Diambone dans le cadre de la liaison, c’est bien mais « une voie de contournement qui va quitter Dakar pour Ziguinchor en passant par les trois (3) régions de la Casamance », c’est beaucoup mieux comme  « solution ». 


Mercredi 31 Décembre 2014 - 07:00



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