Cémac: un plan de riposte en cas d’infection Ebola déclarée

La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) lance un plan anti-Ebola. Réunis récemment à Brazzaville au Congo sous l'égide de l'Organisation de coordination pour la lutte contre les endémies en Afrique centrale (Oceac). Les six pays membres de la communauté ont décidé de l'accélération des mesures préventives et surtout d'un plan de riposte en cas d'infection déclarée dans l'un des pays déjà confrontés à plusieurs reprises à Ebola.



Une équipe médicale de Médecins sans frontières (MSF) traite un patient suspecté d'avoir attrapé le virus Ebola. Photo: Reuters
Une équipe médicale de Médecins sans frontières (MSF) traite un patient suspecté d'avoir attrapé le virus Ebola. Photo: Reuters

Les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale  se savent toujours aussi fragiles, exposés à la maladie Ebola. L’Oceac, l’organisme sous-régional en charge de la lutte contre les endémies, face à la résurgence de pandémie en Afrique de l’Ouest s’est mise en alerte. Son secrétaire exécutif, Constant Roger Ayenengoye dresse un bilan : « En ce qui concerne la zone Cémac, la Cémac regroupe six pays : le Congo, le Gabon, le Cameroun, la Guinée Équatoriale, la RCA et le Tchad. Donc ces six pays, jusqu’ici, n’ont trouvé aucun cas. Mais nous sommes dans l’alerte pour des éventuels cas qui seraient inventoriés dans notre zone ».

« Renforcer la surveillance épidémiologique, élaborer un plan d’urgence »

La confirmation des cas de contamination au Nigeria, voisin du Cameroun et du Tchad, eten République démocratique du Congo, frontalière de la RCA et du Congo-Brazzaville, a déjà conduit certains pays de la communauté à restreindre les mouvements des populations. Pour l’Océac, il y a urgence à renforcer ces mesures : « Renforcer la surveillance épidémiologique, élaborer un plan d’urgence et partager avec les pays leur vision pour la lutte contre Ebola ».

Le plan des ripostes ainsi élaboré va couvrir une période de six mois et sera financé par les six pays membres de la communauté.


Bernice Dahn, vice-ministre de la Santé du Liberia, lors d'une cérémonie d'ouverture d'un centre de traitement d'Ebola, à Monrovia, le 21 septembre 2014. Foto: Reuters/James Giahyue
Bernice Dahn, vice-ministre de la Santé du Liberia, lors d'une cérémonie d'ouverture d'un centre de traitement d'Ebola, à Monrovia, le 21 septembre 2014. Foto: Reuters/James Giahyue

Liberia: la vice-ministre de la Santé en quarantaine

Au Liberia, la vice-ministre de la Santé et directrice des services médicaux du pays, Bernice Dahn, s'est mise elle-même en quarantaine pour donner l'exemple, car l'un des ses proches collaborateurs a été malade d'Ebola. Son adjoint est mort de la fièvre hémorragique Ebola jeudi 25 septembre, selon des sources sanitaires libériennes et humanitaires. Depuis, Mme Dahn a décidé de se placer, elle et le personnel de ses services, en quarantaine pendant 21 jours, la durée maximale de l'incubation du virus. Elle reste désormais chez elle, d'où elle continue à travailler et à former son personnel.

La vice-ministre de la Santé et directrice des services médicaux du pays s’explique : « C'est la procédure. Mon adjoint est mort d'Ebola et il travaillait avec nous dans nos bureaux. Donc on ne peut nier que nous avons été en contact, même si nous faisons très attention. Comme il est mort du virus, il nous faut un suivi spécial ».

Bernice Dahn fait de la prévention auprès des proches de victimes d’Ebola depuis les premiers temps de l’épidémie : « Moi-même je suis beaucoup allée sur le terrain, j'ai vu les premiers cas malades et je disais aux gens de rester chez eux. Mais au début, ils n'écoutaient pas et c'est ce qui nous a menés à la situation actuelle. Les gens doivent écouter nos conseils et pour cela nous devons être des exemples pour eux », dit-elle.

« Nous évitons tous les contacts »

La vice-ministre de la Santé, bien qu’en quarantaine, continue à distance son travail, notamment la formation de son personnel : « J'ai appelé un des mes assistants qui travaille sur le terrain et j'ai pris le temps de le former pour qu'il continue la tâche et je continue à travailler de chez moi, car les choses que je dois poursuivre moi-même, je continue de m'en occuper. Je travaille de mon ordinateur portable et nous échangeons et partageons nos avancées. Donc tout va bien et notre travail se poursuit », assure encore Bernice Dahn.

Elle détaille les conditions de sa quarantaine, un exemple pour tous : « Je suis simplement chez moi, je ne suis pas en isolation. Je reste à la maison. Mon mari dort dans une chambre séparée, même si je ne suis pas malade. Mais depuis le début de l'épidémie d'Ebola, on évite de se toucher. A présent nous évitons tous les contacts, il reste dans une autre pièce, mes enfants aussi restent dans des pièces séparés. Et je prends soin moi-même de mes affaires personnelles et je ne les laisse pas toucher des objets que j'ai touchés. Encore une fois, même si je ne suis pas malade, c'est pour les habituer. Je nettoie mes affaires. Je reste à l'écart, c'est vraiment pour donner l'exemple. Mais je vais très bien, je n'ai aucun symptôme de la maladie et je me sens bien », rassure-t-elle.


Rfi.fr

Lundi 29 Septembre 2014 - 10:10



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