Centrafrique: dans les rues de Bangui, chants et danses pour le départ de Djotodia

Dès l'annonce officielle de cette démission, il y a eu de nombreuses réactions dans les rues de Bangui. Des scènes de liesse dans certains quartiers, alors que dans d'autres quartiers des lieux de culte ont été saccagés. L'archevêque de Bangui appelle à la réconciliation des communautés.



Des scènes de liesse dans plusieurs quartiers à Bangui. A Boy Rabé, très touché par les exactions des ex-Seleka, dont Michel Djotodia était le chef, un riverain explique que tous les Centrafricains attendaient cette décision. Maintenant que la démission est actée, il ressent un sentiment de paix et de réconciliation.

 
Dès que la nouvelle a été connue, Bangui a commencé à faire la fête. Marches festives i du côté de Bimbo, ou de Pétévo, avec des habitants torse nu qui se promènent avec des feuilles de palmiers, raconte un témoin. Un Banguissois du Plateau-Cattin dit pousser un « ouf » de soulagement.

 
Depuis la prise de pouvoir par Djotodia, beaucoup de ces jeunes ont été témoins des actes de barbarie commis contre les leurs par les hommes de main du régime. « Ils pillaient, ils violaient, alors qu'on s'attendait à ce qu'ils ramènent la paix, raconte l'un des rescapés de la terreur déclenchée par le nouveau régime. Cela dure maintenant depuis neuf mois. Alors, vous comprenez quand cela se termine, c'est un grand moment de gaieté et de liesse populaire

 
La crainte de représailles
A côté des manifestations de la joie, il y a des violences sporadiques. Des tirs ont retenti dans le quartier Miskine. Une mosquée a été saccagée à Pétévo, selon le deuxième vice-président de la communauté islamique Ahmat Déliris.
Ce dernier estime que le départ de M. Djotodia est le bienvenu, car le peuple a trop souffert. Mais il ajoute craindre des représailles contre les musulmans et demande aux belligérants de s'asseoir autour d'une table.

 
Un acte de bravoure
Même appel à la réconciliation de monseigneur Dieudonné Nzapalainga, l'archevêque de Bangui. Il souhaite que tout le monde dépose les armes, et décrit cette démission comme un acte de bravoure. «Si les deux têtes de l'exécutif ont décidé de démissionner en même temps, c'est parce qu'ils pensent à leur peuple ». «Le temps est venu de repanser nos plaies, de nous serrer les mains comme des fleurs et de reconstruire le pays.»


 
A Bangui, sont attendus les membres du CNT qui étaient à Ndjamena. Selon les textes, la Cour constitutionnelle doit maintenant constater la vacance du pouvoir. Ensuite, Alexandre Ferdinand Nguendet, président du CNT, devra ouvrir dans les 15 jours une session extraordinaire du CNT pour élire un successeur au président démissionnaire.

rfi.fr

Samedi 11 Janvier 2014 - 00:47



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