Centrafrique: des villages autour de Bossangoa sous le contrôle d'hommes armés pro-Bozizé

La situation est toujours tendue dans le nord-ouest de la Centrafrique. Depuis samedi, plusieurs localités autour de la ville de Bossangoa sont tombées sous le contrôle d’hommes armés qui se revendiquent de l’ancien président Francois Bozizé. On a dénombré une soixantaine de morts lors des affrontements. Des renforts de la Seleka ont été envoyés par Bangui. Ils se sont livrés à leur tour à des exactions. Et ce dimanche 8 septembre au soir, cependant, les localités occupées restent toujours sous contrôle de ces hommes armés pro-Bozizé.



Un combattant de la Seleka devant une des résidences pillées de l'ex-président Bozizé, à Sassara, près de Bossangoa, le 6 avril 2013. AFP PHOTO / PATRICK FORT
Un combattant de la Seleka devant une des résidences pillées de l'ex-président Bozizé, à Sassara, près de Bossangoa, le 6 avril 2013. AFP PHOTO / PATRICK FORT

La situation reste toujours chaotique à Bossangoa. Le contact téléphonique avec ce secteur est pratiquement impossible depuis le début de l’après-midi. D’après les dernières informations, les soldats envoyés en renfort ce dimanche matin par Bangui se sont livrés à des exactions sur la population civile. On signale des scènes d’assassinats, de viols et de pillages.


En ce qui concerne les localités contrôlées depuis samedi par des hommes se revendiquant de l’ancien président Bozizé, il est difficile de savoir ce qui s’y passe. Des assaillants s'en seraient pris aux membres de la communauté musulmane, après la prise de ces localités mais, d’après nos sources, les hommes de la Seleka, avant leur retrait de ces zones, se sont aussi livrés à des exactions sur des personnes issues de la communauté chrétienne.


Selon nos informations toujours, les assaillants veulent installer une base dans les zones occupées afin de lancer une reconquête du pouvoir.
 

Bangui promet des ripostes
 

Le porte-parole du président de Transition déplore la mort de plus de cinquante personnes, des civils et au moins cinq membres de la Seleka. Mais il dément que les hommes de la Seleka se soient livrés à des exactions au moment de leur entrée à Bossangoa. Guy Simplice Kodegue, reconnait également que deux membres de l'ONG Acted ont été tués par des éléments des forces de défense, pris par erreur pour des informateurs. Il assure que des instructions ont été données pour que les responsables soient transférés à Bangui.
 

Le porte-parole du gouvernement de la Transition se dit aussi inquiet de la situation humanitaire sur place. « La situation actuellement à Bossangoa n’est pas du tout bonne, car les populations inquiètent des exactions commises dans les villages environnants sont obligées de se déplacer afin de se prémunir d’éventuelles attaques dans la ville de Bossangoa », explique-t-il. Il y a de nombreux assassinats de femmes, d’enfants, de vieillards, certains sont morts brûlés en représailles. Les forces de sécurité parlent d’environ 200 assaillants dans la localité de Benzambe qui essayent de rejoindre la ville de Bouka, rapporte-t-il.


D’après Guy Simplice Koudegue, des stratégies sont en train d’être mises en place par l’armée afin de reprendre le contrôle de ces localités. Il a également demandé qu'une enquête internationale soit ouverte sur ces événements.

Source: RFI
 



Lundi 9 Septembre 2013 - 11:40



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