Centrafrique: l'intérieur du pays toujours en proie aux pillages et aux rackets

En RCA, les rebelles de la Seleka se sont emparés du pouvoir il y a près de quatre mois, mais la population vit toujours dans la peur. Si dans la capitale Bangui la situation sécuritaire s’est améliorée - les hommes en armes ne patrouillent plus jour et nuit -, les habitants de provinces sont encore les victimes régulières d’exactions, violences, ou racket. Exemple à Nana Outa, à 38 kilomètres de Kaga-Bandoro, dans le nord du pays.



Centrafrique: l'intérieur du pays toujours en proie aux pillages et aux rackets
C’est jour de passage de la clinique mobile de la Croix-Rouge et il y a donc foule au centre de santé de Nana Outa. Plusieurs dizaines de personnes, surtout des femmes et des enfants, viennent recevoir des soins et des médicaments. Ils se pressent donc sous la bâche où les infirmiers tentent de mettre un peu d’ordre.
D’un coup, le silence se fait : un pick-up vient de s’arrêter et 10 hommes en armes en sortent en tenue militaire ou en boubou et turban, façon treillis, kalachnikov à l’épaule. La Seleka vient procéder à son racket local. 200 000 francs CFA, soit plus de 250 euros, ont été exigés à la commune alors que l’on voit bien que les habitants n’ont presque rien. En tout cas, bien peu de billets de banque ou de pièces de monnaie.
« Nana Outa, c’est quatre villages, un village avec quatre quartiers quoi, explique une habitante. Donc chaque chef doit donner 50 000 francs. Et maintenant ils ont réparti cela dans les quartiers, ça veut dire que chaque ménage doit donner 500 francs. Certains ménages ont commencé à contribuer, d’autres qui n’en ont pas les moyens, se sont enfuis en brousse. On préfère aller dormir au champ que de rester dans le village. »
Plusieurs maisons ont été brûlées
A l’arrivée des rebelles, parmi lesquels on reconnaît des Tchadiens, le petit marché voisin s’est entièrement vidé. Dans cette zone, les exactions continuent. Plusieurs maisons ont encore été brûlées il y a quelques jours, en représailles à un mot de travers, à ce qu’on raconte.
La présence d’étrangers n’empêche pas le responsable Seleka de faire passer le message à haute voix. Les quatre chefs de quartier, introuvables, doivent impérativement se présenter dès le lendemain matin à leur camp à une dizaine de kilomètres. Un camp d’ailleurs installé dans un autre centre de santé, au mépris des règles humanitaires de base.
Source: RFI


Lundi 15 Juillet 2013 - 12:08



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