Centrafrique: le laborieux désarmement des milices à Bangui

Le calme semblait revenu dimanche à Bangui, la capitale centrafricaine. Vendredi et samedi, des échanges de tirs avaient opposé les forces internationales à des hommes armés, notamment dans le quartier de Boy Rabe, considéré comme un fief anti-balaka. A l'origine de ces échanges de tirs, une opération de désarmement lancée par la Minusca, en collaboration avec les polices et la gendarmerie locale, ainsi qu'avec la force française de Sangaris. Un mois et demi après son déploiement, la Minusca se dit déterminée à poursuivre ces opérations, avec des résultats pour le moment mitigés.



Une patrouille de la Minusca à Bangui, au début du mois d'octobre 2014. AFP/PACOME PABAMDJI
Une patrouille de la Minusca à Bangui, au début du mois d'octobre 2014. AFP/PACOME PABAMDJI

Cela fait des mois que les habitants de Bangui réclament aux forces internationales des opérations de désarmement. Après les violences qui ont de nouveau paralysé la capitale début octobre, la Minusca semble décidée à occuper le terrain. « La mission est sous forte pression notamment du Conseil de sécurité de l'ONU », confie une source diplomatique. Fouilles de domiciles, perquisitions, saisies d'armes... la méthode a changé et a permis, selon la Minsuca, l'interpellation de plus de 80 personnes depuis la mi-septembre dont 5 au cours de l'opération déclenchée vendredi.

Mais, de sources militaires et diplomatiques, les forces onusiennes n'ont pas encore réussi à mettre la main sur l'une de leurs principales cibles : un certain Andilo, chef anti-balaka, et auteur présumé de nombreuses exactions.

« La population a peur »

Certains habitants saluent l'opération de vendredi. D'autres s’inquiètent des troubles qu'elle a entrainés dans les quartiers ciblés. Selon des témoins, les échanges de tirs, d'abord nourris, puis sporadiques se sont poursuivis jusque dans la nuit de samedi à dimanche. « La population a peur », confiait hier un habitant resté terré chez lui vendredi pendant plusieurs heures. Une source humanitaire évoque également un paysage « de guérilla urbaine » et déplore de nouveaux déplacements de population.


Rfi.fr

Lundi 3 Novembre 2014 - 11:55



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