Centrafrique: pendant le désarmement des ex-Seleka, les musulmans demandent à être sécurisés

Selon l'état-major français, la plupart des groupes armés ont quitté les rues de la capitale centrafricaine, Bangui. Ils se seraient groupés dans un camp de la ville et la population ne serait plus menacée. Mais des incidents se sont déclarés dès l'annonce de ce départ, et du début du désarmement, entamé ce lundi.



Bangui, le 8 décembre 2013. EUTERS/Herve Serefio
Bangui, le 8 décembre 2013. EUTERS/Herve Serefio

Les ex-Seleka ont effectivement laissé le champ libre aux forces françaises au centre de Bangui. Des véhicules de transport blindés ont été déployés sur les grandes artères, et des soldats ont effectué des opérations de contrôle et de désarmement, sous l’oeil attentif de la foule.

Et après le désarmement de certains ex-Seleka, des combattants ont été pris pour cible par les habitants des quartiers. Des musulmans ont également été attaqués. Au quartier Castor, c’est la maison d’un musulman qui a été visée.

Au quartier Combattant, des ex-Seleka désarmés ont été pris à partie. Les populations s’en sont ensuite prises à des commerçants. A Gabalaja, la famille d’un ex-Seleka a été visée. La population musulmane du Km 5, enfin, a ramené aujourd’hui quatre corps. « Nous demandons à l’armée française, dit Hamat Deliris, l’un des responsables musulmans du pays, de sécuriser les biens et les personnes des musulmans ».


Un ex-élément de la Seleka lynché par les habitants du quartier Benz Vi à Bangui, ce lundi 9 décembre 2013. RFI
Un ex-élément de la Seleka lynché par les habitants du quartier Benz Vi à Bangui, ce lundi 9 décembre 2013. RFI

« Nous avons tous souhaité que les ex-Seleka et les anti-balakas soient désormais désarmés pour que la population puisse retrouver la quiétude », estime pour sa part le président de la communauté islamique, l’Imam Omar Kébim Layama. « Je demande, dit-il, à la population, de ne pas recourir à la violence.»
 

« Je demande à la population, de ne pas recourir à la violence »
 

Les populations s’en sont ensuite prises à des commerçants. A Gabalaja, la famille d’un ex-Seleka a été visée. La population musulmane du km5, enfin, a ramené aujourd’hui quatre corps.


A Benz Vi, par exemple, l’exaspération des populations a conduit à la folie destructrice. Le corps d’un ex-Seleka mort gît au milieu de la chaussée, sous le regard impassible ou amusé des habitants. La dépouille est en partie recouverte d’un fin voile bleu. Les pierres qui ont servi à tuer le combattant habillé en civil sont encore là, près de sa tête, au milieu d’une flaque de sang.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Mardi 10 Décembre 2013 - 09:31



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