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Chronique
Ce lundi, vers dix heures, des techniciens de surface (les balayeurs des voies publiques) s’activaient à leur train train quotidien sur l’avenue Emile Badiane, à quelques encablures de la poste de la Médina de Dakar. A peine qu’ils ont nettoyé une place, un vendeur de sandales vient se poser et placer tranquillement sa marchandise.
Sans gène, il enlève les sachets qui enveloppaient certaines chaussures et les jette à quelques centimètres de lui, sur la place qui vient d’être balayée par « les pauvres ». En prenant le bus de la ligne neuf, une grande dame, après avoir bu son café, se perche tranquillement sur la fenêtre pour balancer le contenant. Personne n’a pipé mot. Ces gestes ne doivent pas étonner. Ils ne sont pas étrangers. Nous les voyons chaque jour que Dieu fait. Et personne n’ose lever le plus petit doigt pour les dénoncer. D’aucuns parlent de problèmes d’éducation. Pour eux, c’est la perte de valeurs qui se poursuit à travers ses gestes indécents. Des gestes qui découragent mêmes les travailleurs qui sont chargés de la propreté de la ville. La preuve, tous les espaces sont transformés en pissoirs, en dépotoirs sauvages. Et, certains Sénégalais se plaignent qu’on qualifie Dakar de la capitale de la saleté. Il ne peut en être autrement si les Sénégalais se maintiennent sur ces comportements et attitudes qui, malheureusement, ternissent le visage de la capitale sénégalaise. Les autorités compétentes auront beau verser des milliards pour la rendre propre, aucun résultat positif ne sera enregistré s’il manque le petit réflexe consistant à regarder quelque pour voir une poubelle ou à la limite à tenir ses saletés dans un sachet pour les amener dans un endroit approprié. « Guissou léne fi béne khalé thiaco thioli », c’est le refrain d’une chanson tirée d’un conte célèbre intitulé « Coumba ame ndéye ak Coumba amoul ndéye ». Et c’est une mère de famille désespérée par la disparition de sa fille qui demandait ainsi si on n’avait pas aperçu quelque part sa fille. Nostalgique ! Aujourd’hui loin de ce monde imaginaire, dans le Sénégal réel, certains se demandent ce qui peut bien pousser notre vieux à séjourner aussi longtemps à l’étranger. Un peu moins de trois ans après l’alternance politique, le journaliste Jacques Habib Sy révélait les milliards engloutis dans ces voyages. Si le Président s’active à l’étranger pour trouver des milliards, nous pouvons constater que cela n’est pas efficace. Le gouvernement court toujours derrière des milliards pour régler le problème de l’électricité et des inondations. Et dans bien des cas, le déplacement des ministres et autres techniciens est plus efficace. Peut-être qu’il sera difficile de trouver dans le monde un pays dont le chef voyage autant que « notre gorgui national, international et universel ». Pis, c’est au moment où la tension est à son paroxysme avec les coupures d’électricité, les probables inondations avec l’hivernage, les grèves dans la santé… A son retour, à travers la télévision nationale, il nous apportera ses trophées. C’est entre autres ses propositions acceptées par ses collègues ou l’émerveillement sur ses projets… Tout juste de la littérature, aucun impact sur notre vécu quotidien. Nous osons espérer que ce pays n’est pas géré par procuration. Me Wade avait parlé dans la presse internationale ne pas avoir de soucis sur l’avenir de ce pays relativement à un coup d’Etat. Nous ne parlons pas d’instabilité politique mais de vécu quotidien. Le Président peut prendre un peu plus de son temps pour coordonner davantage et exiger plus de ses hommes. Le passage des ministres Bécaye Diop et Omar Sarr à l’Assemblée Nationale a révélé l’incohérence dans le système Wade. Il considère que depuis 2000 à chaque voyage il nous explique ce qu’il a apporté. Nous attendons encore les retombées, en attendant aussi un énième retour de Gorgui.
L'état d'urgence est une mesure prise par un gouvernement en cas de péril imminent dans un pays. Sur le plan purement social, nous pouvons considérer que notre pays est dans une situation d’urgence sociale. Le ciel commence à ouvrir grandement ses vannes et l’électricité ne se règle pas demain. Il y a urgence socialement parlant.
Le lot quotidien de la majorité des sénégalais commande cet état de fait. : coupures d’électricité et les manifestations qui s’en suivent, les inondations et son lot de contestations et de conséquences sociales, les grèves des travailleurs dans plusieurs secteurs notamment de la santé, les difficiles conditions de vie et de travail… Faisons abstraction des scandales et des débats politiques autour d’une dévolution dynastique du pouvoir, nous parlons de questions de vie et de mort. Ils sont nombreux les sénégalais qui en sont conscient et aujourd’hui des membres de la société civile qui peuvent porter plus haut le message tirent la sonnette d’alarme. Pour Mouhamadou Mbodji du Forum civil, « il y a des risques politiques majeurs dans le pays, aujourd’hui. Des risques qui peuvent conduire à des dérives et des débordements sur le plan institutionnel, politique et social, c’est presque les prémices d’une insurrection généralisée… ». Alioune Tine de la Raddho, comme M. Mbodji dans le populaire de ce 21juillet avertit : « Si l’on ne fait pas attention, les situations qui sont arrivées dans d’autres pays risquent de nous arriver ». Malheureusement, les tenants du pouvoir semblent vivre sur une autre planète, à commencer par son chef qui à des milliers de kilomètres des terres sénégalaises parle de son Sénégal qui marche et les compétences de son fils. Ses bras armés sont dans le même tempo avec des manifestants brutalisés et tués. Pourtant dans les ténèbres, apparaissent des éclairs. Le Président de l’Assemblée nationale en homme lucide fait remarquer que :« les difficultés sont réelles et parfois tragiques ». Voilà nous sommes en démocratie, le peuple souffre des actes d’hommes et de femmes qu’il a placé là. Nous sommes dans un état d’urgence sociale et comme le social et la politique vont ensemble, il y a certainement des options politiques urgentes.
Les résultats commencent à tomber sur l’ensemble du territoire national, les résultats du Bac. Et c’est toujours la même ambiance au moment des délibérations : des cris de joie et de tristesse. Normal pour des jeunes qui ont fourni des efforts et qui cherchent quelque part à faire honneur aux parents, des jeunes qui veulent avancer dans la vie, avec des diplômes, des qualifications, prendre le relève…
Aujourd’hui la communauté du système éducatif s’accorde au moins sur une chose : le faible niveau des élèves. Pour cette année encore on parle d’hécatombe relativement aux premiers résultats. Pourtant les programmes scolaires n’ont pas beaucoup évolué s’ils ne sont pas devenus moins difficile, pourquoi alors cet état de fait ? On parle du faible niveau des enseignants, de leur manque d’éthique, de leur problème de pédagogie et de leurs difficiles conditions de travail. Ce qui explique en partie l’abandon du volontariat, l’enseignement est une chaîne, tout est lié. A la maison, les élèves n’ont plus tout l’encadrement requis. Ils sont assaillis par les effets d’une société de divertissement et de multimédia où rien n’est acquis et consolidé, tout est pris avec une légèreté légendaire, pour la majorité les parents sont préoccupés par la recherche de la dépense quotidienne. On ne peut pas dans ces conditions exiger certains résultats de nos enfants. Parler de l’éducation c’est relevé la responsabilité des parents et des enfants mais surtout de l’autorité publique. Le tableau se présente ainsi : un gros lot qui arrive en classe de terminale sans le niveau, d’autres qui vont avoir le Bac sans une orientation et un lendemain clairs, l’année prochaine on reprend le même système et on recommence. Il faut savoir arrêter. Le ministre de l’éducation a annoncé récemment une probable réforme de la fin du cycle primaire avec la suppression de l’entrée en 6e. Il est peut-être temps de réfléchir sur tout le système éducatif : les états généraux de l’éducation. « Nous avons désapprouvé les propos discourtois de l’ex-ambassadeur de France concernant la famille du Président de la République considérant que la politique sénégalaise est une affaire interne, qui ne concerne que les Sénégalais, majorité et opposition confondue », c’est la réponse du porte- parole du Président de la République, Bamba Ndiaye suite à la dernière sortie médiatique de Jean Christophe Ruffin. Ce dernier a quitté le Sénégal en nous laissant tout de même des occasions de se poser des questions sur l’avenir de notre pays et dans une moindre mesure sur celui du monde relativement aux relations diplomatiques. Voilà quelqu’un qu’on peu considérer à la limite comme un ami du Sénégal. Tous les diplomates devraient prendre exemple sur ce M. Ruffin et nous éviter leur langue de bois qui ne renvoie pas souvent à grand-chose. D’ailleurs Jean Christophe Ruffin dit qu’il n’est pas un diplomate de carrière mais quelqu’un qui enchaîne les missions. C’est peut-être toute la différence. Parler de l’âge du Président, des agissements de son fils avec respect et lucidité, il faut le faire ici chez Abdoulaye Wade. La majorité et l’opposition confondue dont parle Bamba Ndiaye ont mainte fois invité la France dans notre cuisine interne. La dernière initiative est venue peut-être de l’opposition avec sa lettre à Sarkozy ? Pour l’ex ambassadeur de la France au Sénégal, une alternance politique est possible en 2012 et que la France ne doit pas avoir de candidat. C’est du déjà connu ! Mais ceux qui pensent compter sur la France pour empêcher dans ce pays une succession dynastique semblent rêver. Les Etats n’ont pas d’amis juste des intérêts, c’est aussi du connu. Nous n’avons pas besoin de se poser des questions sur les intérêts de la France au Sénégal même si nos relations économiques ont pris la direction de l’Inde, de la Chine, de la Malaisie, du Japon, du Qatar… Nous avons juste qu’à s’occuper de notre pays au quotidien. Et sur ce plan, nous osons espérer que les sénégalais, en sont conscients. Les partis politiques ou autres mouvements politiques et sociaux ne sont que des systèmes d’organisation et d’encadrement de notre volonté de faire de ce pays ce que nous voulons. Jean Christophe Ruffin se demande comment on peut mettre un homme au pouvoir sans le respect des règles démocratiques ? Nous aussi on se demande comment un pays étranger peut aider à mettre un homme au pouvoir ici au Sénégal en 2012 en contradiction avec la volonté des sénégalais ? Ceux qui pensent que c’est possible doivent vivre certainement sur une autre planète. Mais en dehors d’une offre politique honnête et crédible tout est possible ! |
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Editorial






