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Classement mondial de la liberté de la presse: les raisons profondes du recul du Sénégal

En matière de liberté de presse, le Sénégal est en perte de vitesse. Depuis l’avénement des nouveaux tenants du pouvoir, des coups sont souvent assénés à la liberté de presse et d’expression de manière générale. L’arrestation et l’expulsion dans des conditioins obscures du journaliste-bloggeur Tchadien, Makaila Nguebla, la menace d’expulsion du journaliste Gambien, les tentatives d’intimidation contre la presse en ligne sont entre autres raisons qui justifient le recul du Sénégal dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters Sans frontière (RSF) ce mercredi 12 février.



Classement mondial de la liberté de la presse: les raisons profondes du recul du Sénégal
Le Sénégal a perdu trois places dans le classement mondial de la liberté de presse. De la 59e place, il se pointe en 2014 à la 62e. Ce recul peut être s’interprété de diverses manières. Depuis avril 2012, des actions peu orthodoxes sont menés contre des journalistes. En effet, l’acte qui a été le plus décrié par une frange des médias mais aussi de la société civile a été l’expulsion du journaliste-bloggeur, Makaila Nguebla. Le mobile de sa déportation reste pour l’heure inconnu. Néanmoins, il se susurre que c’est à la suite de pression du gouvernement Tchadien qui a amené son ministre de la Justice à rencontrer le président de la République que la décision a été prise. Le dossier Hissène Habré a été ainsi un bon prétexte pour Tchad pour museler un journaliste-bloggeur dont les écrits en direction de son pays d’origine devenaient de plus en plus gênants.
 
Malgré une levée bouclier des journalistes-bloggeurs et de la société civile, le gouvernement sénégalais n’a pas varié et a amené de force Makaila Nguebla en Guinée Conakry. Le pouvoir d’Alpha Condé a voulu refiler à Dakar la «patate chaude» mais cela n’a pu être possible face au refus du Sénégal. Finalement grâce aux tractations des journalistes blogueurs et de la société civile le journaliste bloggeur a pu obtenir l’asile en France.
 
L’autre élément qui pourrait motiver cette perte de vitesse réside dans la tentative avortée d’expulser de nouveau un autre journaliste de nationalité Gambienne. La société civile et la presse a rapidement senti le coup et a accentué la pression
 
L’organisation internationale de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontière (RSF) n’a pas donné des éclairages sur le recul et la bonne performance de chacun des pays concernés par ce classement. Toutefois à travers l’argumentaire, il est facile de comprendre que les conflits et l’instabilité politique dans certains Etats inhibent beaucoup la liberté de la presse.

Classement mondial de la liberté de la presse: les raisons profondes du recul du Sénégal

Par ailleurs, le recul du Sénégal pourrait s’expliquer par le refus des députés de l’Assemblée nationale de voter le code de la presse qui est sur la table de leur président depuis plus de deux ans. Alors que ce code consacre beaucoup d’avancées en matière de liberté et d’exercice du métier de journalisme au Sénégal.
 
De manière générale, ce classement 2014 souligne selon RSF “la corrélation négative entre un conflit – ouvert ou non déclaré – et la liberté d’information. Dans un contexte d’instabilité, les médias sont des objectifs et des cibles stratégiques pour les groupes ou individus qui tentent de contrôler l’information en violation des garanties apportées par les textes internationaux, en particulier l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels I et II de 1977”.
 
Des pays comme le Mali (122e, -22),  la République centrafricaine (109e, -34), la République démocratique du Congo (151e, -8), la Somalie (176e, 0) le Nigeria (112e, +4), l'Égypte (159e, 0) sont dans les abysses de ce classement du fait des crises armées qui sévissent dans leur pays respectif.


Jeudi 13 Février 2014 - 12:17



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